Mots du libraire

  • Un roman poignant, qui lève le voile sur la condition des femmes au Sahel. Une des valeurs sûres de la littérature africaine....

    Un roman polyphonique sur le maltraitance

    Remarquable roman sur la condition féminine au Cameroun (mais on peut sans doute élargir à l’Afrique subsaharienne). Un récit porté par trois voix de femmes. Ramla et Hindou sont sœurs : la première est mariée de force, en tant que seconde épouse, à un riche quinquagénaire, alors qu’elle souhaite faire des études et choisir elle-même son futur époux ; la seconde est contrainte d’épouser son cousin qui la considère comme son objet, la bat, la viole et l’amène aux confins de la folie. La troisième, Saphira, est la première épouse qui entre en conflit avec Ramla et est prête à tous les moyens pour que son époux lui revienne.

    Une société marquée par les violences faites aux femmes : mariage forcé, polygamie, viol conjugal. Face à ces maltraitances, en grande partie considérées comme justes par des références à l’Islam, le seul conseil qui est donné à ces femmes est la patience et la résignation devant ces vies gâchées.

    Pour faire prendre conscience de cette situation, l’auteure sait utiliser une écriture sobre, ce qui accentue encore le poids des maltraitances. Elle décrit également l’omniprésence de ces violences dans un milieu aisé, ce qui rend l’espoir d’une évolution encore plus ténu.

  • Avant le repos

    Elena Gianini Belotti

    Italia Donati était une jeune femme, originaire de Cintolese, devenue institutrice à Porciano, petits villages de Toscane. Grâce à son intelligence et à son travail, elle a échappé à la pauvreté de sa famille paysanne, en essayant de s'émanciper, même si, au XIXe siècle, les femmes étaient toujours ...

    Tragédie féministe au cœur de l'Italie

    L’auteure féministe raconte l’histoire tragique d’Italia Donati. Celle-ci, issue d’un milieu paysan très pauvre, réussit malgré tout à devenir institutrice dans l’Italie en construction des années 1880, qui vient de rendre la scolarisation obligatoire. Mais sa nomination dépend du maire, qui multiplie les aventures amoureuses et qui, en l’obligeant à se loger chez lui, la perd de réputation aux yeux des villageois. Ils se vengent ainsi de celle qui s’est élevée au dessus de sa condition, qui a le tort d’être une femme, jeune et belle, et qui leur enlève les enfants, source de travail aux champs. Rumeurs  puis calomnies de plus fortes et grossières détruisent Italia, qui finit par se suicider. Tout est intéressant dans ce récit, que ce soit bien sûr la fragilité des femmes, leur impossibilité à faire front commun contre les hommes (parmi les plus acharnés contre Italia, on trouve des femmes), mais aussi la grande pauvreté du monde paysan, alors qu’on se situe en Toscane, donc en Italie du Nord, pauvreté à la fois matérielle et culturelle, qui ne permet même pas à sa famille de la défendre. Un ton très juste, qui met bien en valeur l’empathie de l’auteure, mais sans pathos.

  • Londres, 1982. Dans un monde qui ressemble à s'y méprendre au nôtre, Alan Turing pourtant est encore en vie, les Beatles sont toujours au complet et les Anglais ont perdu la guerre des Malouines. Les prouesses technologiques sont inouïes et les avancées scientifiques en matière d'intelligence artifi...

    Le robot, l'avenir de l'homme...

    Charlie Friend achète un androïde au prénom révélateur d’Adam, il le programme avec sa voisine Miranda, dont il devient l’amant. Très vite, des interrogations se posent sur cette machine, qui est bien sûr un simple ordinateur à la puissance multipliée (capable par exemple d’écrire des haïkus) mais aussi et de plus en plus, un personnage qui se rapproche d’un humain, parce qu’il éprouve des sentiments amoureux et parce qu’il peut définir des postions sur le droit, la justice et ce qui est moral. L’auteur pose alors, dans un récit qui est à peine de la science-fiction, la question du devenir de ces androïdes et des droits à leur concéder ou non. Mais il va beaucoup plus loin, en amenant à réfléchir sur les contradictions que porte en lui chaque être humain : par exemple, dans le cas de Miranda, jusqu’où peut-on aller pour défendre une idée juste, peut-on mentir ?

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