Mots du libraire

  • Et si on ne travaillait plus que trois heures par jour??
    Telle est la proposition iconoclaste d'Émilien Long, prix Nobel d'économie français, dans son essai Le Droit à la paresse au XXIesiècle. Très vite le débat public s'enflamme autour de cette idée, portée par la renommée de l'auteur et la rigueur de ses analyses. Et si un autre monde était possible ? Débordé par le succès de son livre, poussé par ses amis, Émilien Long se jette à l'eau?: il sera le candidat de la paresse à l'élection présidentielle. Entouré d'une équipe improbable, il va mener une campagne ne ressemblant à aucune autre. Avec un but simple?: faire changer la société, sortir d'un productivisme morbide pour redécouvrir le bonheur de vivre.
    Roman porté par une érudition joyeuse et un regard taquin sur nos choix de vie, Paresse pour tous imagine un pays qui renverse ses priorités et prend le temps d'exister. Après La Grande Panne (Le Tripode, 2016), récit visionnaire d'une France qui se retrouve à l'arrêt, Hadrien Klent offre cette fois-­ci le portrait d'une France qui se remet en marche, mais pas vraiment comme certains le voudraient.

    «?En 2008, on devait surmonter la crise des subprimes. Aujourd'hui, celle du coronavirus. ­Demain, ce sera quoi?? Le réchauffement climatique?? La conquête de Mars?? À chaque fois, le libéralisme triomphant propose qu'on souffre encore plus?! Qu'on se sacrifie pour sauver un système qui est pourtant absurde. Qu'on nourrisse un monstre incontrôlable et incontrôlé. Moi je propose le contraire. Qu'on inverse la place du travail et du temps libre. Qu'on interroge notre place dans la marche du monde. Je suis la voix de ceux qui veulent que la vie ne se résume pas au travail, à la croissance, à la consommation.?» Émilien Long

    Court, sympathique, a prendre au sérieux ou pas, là, ce sera une autre affaire!

    3 heures de travail par jour, et le reste du temps pour soi. C’est le programme provocateur d’Emilien Long, devenu un peu malgré lui candidat à l’élection présidentielle de 2022. Humour et utopie nous invitent à imaginer une France organisée autrement, tout en pointant les limites du modèle capitaliste actuel. On s’attache à une équipe de campagne loufoque qui invente une façon de faire de la politique au ralenti, loin de Paris, au plus près des gens. Un rêve joyeux, bienvenu en ces temps de grisaille épidémique.

    Librairie Le Livre Bleu

  • A la suite du coup de fil énigmatique d'un producteur, le narrateur embarque pour Rome investi d'une obscure mission : retrouver Laura Antonelli, l'actrice oubliée dont Visconti disait qu'elle fut « la plus belle femme du monde ». Il erre dans une Rome caniculaire, traversant les décors mythiques qu'on connaît, à la rencontre des témoins de sa vie tragique. Il épluche les vieux tabloïds et les interviews pour tenter de raconter, sans la trahir, cette femme insaisissable.

    Splendide et sensuelle, Laura Antonelli est tout d'abord le sex-symbol populaire de l'Italie catholique des années 1960. Avec la sortie en salle de L'Innocent, elle devient une de ces beautés solaires de l'âge d'or du cinéma italien. Dès lors, elle tourne avec les plus grands et découvre un succès poudré de cocaïne, de soirées hollywoodiennes, d'amours compliquées et de journaux à scandales, jusqu'au jour où la police trouve dans sa villa de Cerveteri 36 grammes de drogue. S'ensuit une série de démêlés judiciaires qui l'éloigne peu à peu des paillettes de Cinecittà. Ainsi commence pour elle une lente descente aux enfers.

    A la demande d'un producteur, elle se soumet à une opération de chirurgie esthétique qui la défigure. La star vit désormais recluse dans une chambre misérable et déclare aux rares curieux qui parviennent à retrouver sa trace : « Laura Antonelli n'existe plus ».

    Qu'est-ce que la gloire sinon, comme le disait Pasolini, l'autre face de la persécution ? De Sunset Boulevard à la Dolce Vita romaine, Philippe Brunel livre ici un roman plein de grâce et d'ombre, dans la lignée de Patrick Modiano, sur l'histoire légendaire de la femme la plus belle du monde devenue un monstre.

    Retrouver Laura Antonelli

    De brefs chapitres, une écriture fluide et claire, un roman modianesque sur la recherche d’une légende du cinéma qui s’est retirée du monde. Une réflexion sur la gloire et la déchéance par un auteur qui nous fait errer avec lui dans les rues de Rome. Une ambiance prégnante dont on a du mal à se défaire… 

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  • À dix-sept ans, Jacqueline Fleury-Marié s'engage contre l'occupant nazi dans les réseaux Défense de la France puis Mithridate, comme ses parents et son frère. Distribution de journaux et de tracts, transport de messages, recherche de caches... elle effectue de nombreuses missions de liaison et de renseignement - jusqu'à recopier une partie des plans du mur de l'Atlantique. Elle est arrêtée et emprisonnée à Fresnes, torturée par la Gestapo, parquée dans un train de déportation, connaît l'horreur de Ravensbrück, puis l'enfer des marches de la mort... Dont elle revient, brisée mais vivante.
    Sur les 1 038 résistants élevés Compagnons de la Libération par le général de Gaulle, seulement six sont des femmes - un chiffre qui est loin de représenter leur réelle part à cette lutte clandestine. À quatre-vingt-quinze ans, Jacqueline Fleury-Marié livre un témoignage exceptionnel et rend hommage à toutes ses compagnes, héroïnes souvent inconnues, qui se sont sacrifiées pour leur patrie, pour la liberté et dont les visages continuent de la hanter.
    Pour que l'Histoire ne les efface pas. Et que les valeurs qui ont porté leur combat éclairent notre époque.

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    Résiter à l'indifférence et la solitude: un combat d'hier et d'aujourd'hui

    À 17 ans elle a tous les courages. Elle traverse Versailles la nuit tombée, sa sacoche bourrée de tracts et de journaux clandestins. Avec ses camarades elle recopie les plans du mur de l'Atlantique dans l'arrière cuisine d'un restaurant place du marché. Il y a de nombreuses casernes à Versailles et les allemands sont partout. Mais elle risque sa vie pour la liberté, La défense des plus faibles, comme une évidence, elle est résistante. Elle a appris à ne plus pleurer mais les cauchemars hantent toujours ses nuits. La torture, La gestapo, les cris. Et puis quand elle regarde un enfant, elle se souvient des yeux des enfants de Ravensbrück . Aujourd'hui à la sortie du livre, elle a 95 ans , c'est une femme discrète, souriante, à la voix douce, une femme de culture. Elle nous raconte son histoire et celle de ses sœurs de combat. Simplement elle nous dit, ne nous oubliez pas et faites que ce combat, cette solidarité, dans notre monde aujourd'hui de solitude, d'indifférence, n'est pas été vain. Elle est résistante.

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  • Nagasaki

    Agnes Hostache

    D'après le livre d'Eric Faye, Grand Prix du Roman de l'Académie française.

    Eric Faye en BD

    Il y a un mystère dans la vie bien rangée de Mr Shimura-san . Que se passe-t-il en son absence, la journée, dans sa maison si calme si ordonnée. Agnès Hostache à partir du subtil roman d'Eric Faye crée un roman graphique tout en émotions précises , aiguës . La solitude de nos vies modernes. L'enfer quotidien de ceux qui nous entourent et que l'on ne voit pas, tout est évoqué ici. La lumière d'une nuque, l'ordonnance domestique du quotidien. On croirait par exemple sentir l'odeur végétale et rassurante des tatamis. Cette histoire ( vraie) nous touche, nous bouleverse. Ainsi on ressent le cocon protecteur que peut être une maison et le côté sec, tranchant, de la solitude des deux protagonistes. Les dessins sont d'une grande sobriété. La matité des couleurs, la mise en scène des objets, tout est parfait.

    Librairie Le Livre Bleu - Versailles

  • N°1 sur la liste des best-sellers du «New York Times». L'auteure de «Mille petits riens» et d'«Une étincelle de vie» livre un roman "puissant" «(The Washington Post)» sur ces choix qui modifient le cours de nos vies. Dawn Edelstein voit sa vie basculer en quelques minutes. Elle est assise à bord d'un avion lorsqu'une annonce retentit dans la cabine : l'appareil doit se poser de toute urgence. Tandis que Dawn se prépare au pire, les pensées virevoltent dans sa tête et contre toute attente, ce n'est pas à son mari qu'elle songe mais à un homme qu'elle n'a pas revu depuis quinze ans... Sortie miraculeusement indemne, elle devra faire face aux questions qu'elle ne s'est jamais réellement posées : à quoi ressemble une vie bien vécue ? Que laissons-nous derrière nous quand nous quittons cette terre ? Faisons-nous des choix... ou bien est-ce nos choix qui font de nous ce que nous sommes ? Et qui serions-nous si nous n'étions pas devenus la personne que nous sommes aujourd'hui ?

    Le Livre des deux chemins

    Dawn, à 25 ans, doit abandonner une carrière prometteuse d’égyptologue, passion qu’elle partage avec son amant, Wyatt. Elle rentre aux EU car sa mère est en train de mourir et elle doit prendre en charge son frère plus jeune. Elle se marie avec un scientifique, Brian, a tout de suite une fille, Meret et devient doula de fin de vie : son métier est d’accompagner les personnes sur le point de mourir, dans toutes leurs demandes autres que médicales. Elle n’a ainsi pas vraiment quitté la proximité avec le monde des morts, qu’elle étudiait en Egypte. A la quarantaine, elle se rend finalement compte qu’elle n’a pas forcément vécu la vie qu’elle souhaitait, retourne vers l’Egypte et Wyatt. Des références historiques nombreuses et savantes sur l’Egypte ancienne, les fouilles, les hiéroglyphes. Des réflexions sur le thème de la mort. Mais aussi des interrogations sur le sens de la vie. Parfois un peu embrouillé, un livre qui se mérite, mais qui est passionnant.

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  • L'odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.
    1915, non loin d'Erzeroum, en Arménie turque. Araxie, dix ans, et sa petite soeur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs. Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leur laissant la vie sauve.
    Jusqu'à ce que l'Histoire, à nouveau, les précipite dans la tourmente. Séparées, propulsées chacune à un bout du monde, Araxie et Haïganouch survivront-elles aux guerres et aux trahisons de ce siècle cruel ? Trouveront-elles enfin la paix et un refuge, aussi fragile soit-il ?
    C'est autour de l'enfance romancée de sa propre grand-mère que Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, a construit cette inoubliable saga historique et familiale. Un roman plein d'humanité où souffle le vent furieux de l'Histoire, une galerie de personnages avides de survivre à la folie des hommes, et le portrait poignant des enfants de la diaspora arménienne.

    L’odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.

    1915 : Erzeroum, Arménie, deux jeunes sœurs se trouvent plongées dans le génocide qui débute : la première scène est saisissante, encore plus quand on sait que l’auteur utilise en fait en partie les souvenirs de sa grand-mère. Témoins des massacres, elles parviennent à survivre, achetées d’abord comme esclaves par une famille turque. Puis elles vont être séparées : l’une, la plus grande, finit par émigrer en France après un certain temps et s’inscrit dans la diaspora arménienne. L’autre est emportée dans la révolution bolchevique, puis la terreur stalinienne. Une épopée familiale dont le récit s’arrête en 1939 ; on a vraiment le sentiment qu’il ne peut s’agir que du premier volet de cette saga, qui sait aussi mettre en valeur le contexte historique, politique, dans lequel les grandes puissances n’ont pas vraiment le beau rôle.

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  • Alors que le narrateur vient d'apprendre qu'il sera bientôt père d'une petite fille, le téléphone sonne. À l'autre bout du fil, sa mère. Le bateau de son père, Jean, vient de sombrer « corps et biens ». Jamais Jean ne saura que sa petite-fille s'appellera Louise.
    Peut-être pour lui rendre hommage, peut-être pour apaiser son chagrin, le narrateur se met alors à écrire le roman de ce coquillier blanc et bleu, Ar c'hwil, né presque en même temps que lui. Derrière l'histoire du bateau, c'est celle du père, de ses peines et de ses drames qui se profile. Mais aussi celle d'une famille, faite d'amour filial et fraternel. Une famille simple, où la pudeur des sentiments est de mise. Une histoire intimement liée à celle de la Bretagne, de la pêche et des crises qui ont jalonné la seconde partie du xxe siècle.
    À travers une chronique à la fois intime et sociale évoluant sur près de soixante ans, Grégory Nicolas rend hommage au courage des pêcheurs et de ceux qui les attendent.

    Le fils du pêcheur

    Un récit simple sur la vie d’une famille bretonne dont le père, pêcheur, vient de périr en mer. A partir de là, un de ses fils choisit à la fois de lui rendre hommage et de lui exprimer son amour par l’écriture : un ensemble de souvenirs de son père, qui l’a accompagné pendant son enfance et son adolescence. Les difficultés de cette profession sont évoquées à travers la grande manifestation de Rennes en 1994 et ses débordements, mais ne sont pas traitées par des clichés. Il y a, au contraire, un caractère assez émouvant dans la façon dont le père se souvient de l’événement et de ses conséquences tragiques. Une écriture pleine de retenue et de pudeur pour une histoire modeste mais empreinte d’humanité.

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  • Saint-Nazaire, ses chantiers navals, une forêt de silos et de grues, les marais et l'océan à perte de vue, un pont entre deux rives. Pour Franck Rivière, 21 ans, jeune espoir du football local, des rêves plein la tête, c'est aussi la fin du voyage : une chute de 68 mètres et son corps glacé repêché au petit matin.
    Tandis que le capitaine Marc Ferré doute de ce suicide, Julia, la soeur de Franck, brillante avocate « montée » à Paris, se heurte aux vérités d'une ville qui cache mal sa misère, ses magouilles et son pouvoir secret : que le bizness paie peut-être plus que le ballon rond, que Saint-Nazaire ne l'a jamais quittée, et qu'on n'enterre pas aussi facilement un amour d'adolescence.
    Roman d'atmosphère, peinture sociale saisissante d'une région déchirée, Sur l'autre rive est un récit aussi noir que sensible où se déploient la puissance romanesque et le style percutant d'Emmanuel Grand, l'auteur de Terminus Belz et des Salauds devront payer.

    Policier bien ficelé sur trame provinciale

    Franck, jeune footballeur de 21 ans, se suicide du pont de Saint-Nazaire. Julia, sa sœur qui vit à Paris et n’a plus aucun contact avec ses parents (un père alcoolique, une mère sans volonté) revient pour l’enterrement de ce frère presque oublié. Elle y retrouve le policier chargé de l’enquête, Marc, un de ses petits amis du lycée et ensemble, ils vont comprendre peu à peu que c’est en fait un meurtre. Au delà de cette trame policière, déjà très bien menée avec une grande vivacité, l’auteur aborde également, par touches feutrées, les trafics d’une ville de province, les rancoeurs familiales, la distance en fait infranchissable entre enfants de bourgeois et d’ouvriers, sans jamais tomber dans le cliché, les mauvais choix qui débouchent sur la mort, la difficulté pour les parents de prendre la meilleure décision pour leurs enfants. Une multitude de directions pour cette histoire qu’on lit d’une traite.

    Librairie Le Livre Bleu

  • Mrs Caliban

    Rachel Ingalls

    • Belfond
    • 7 Mars 2019

    Dorothy se languit. D'action, d'amour, d'enfants. Jusqu'à ce qu'une gigantesque créature débarque chez elle. Une créature qui dit s'appeler Larry et avoir besoin d'aide. Une créature qui va bouleverser son existence...
    Parue en 1982 aux États-Unis et encore inédite en français, une fable saisissante d'imagination, comparée par les critiques aussi bien à King Kong, à La Belle et la Bête, au Magicien d'Oz, qu'aux récits d'Edgar Allan Poe, aux contes de fées d'Angela Carter ou encore aux oeuvres hallucinées de David Lynch. Inspirée par la deuxième vague féministe, Rachel Ingalls brosse le portrait d'une jeune femme qui se libère d'un quotidien monotone et castrateur, se découvre, émotionnellement, sexuellement, et existe enfin.

    Une pépite Vintage à redécouvrir au plus vite !

    Une histoire de science-fiction amoureuse .

    Une fable, un conte . Dorothy voit un soir débarquer chez elle, un drôle de personnage, un mix de gros lézard mâtiné d’un homme très viril . Elle est surprise ( pas tellement effrayée ) et puis finalement ou plutôt rapidement elle est séduite . Et nous lecteurs pas du tout étonnés d’ailleurs ! Ils vivent alors une passion torride et secrète . Dorothy s’épanouit avec ce Larry , amant attentionné et surprenant qui la distrait de l’ennui de son foyer , jusqu’au drame . Cette histoire d’amour éclairera sa vie et les jours de solitude qui l’attendent.

    Librairie Le Livre Bleu

  • C'est une histoire d'orphelin et d'amour. Celle d'un vieil homme qui joue divinement du Beethoven sur les pianos publics. Il se fait appeler Joe, pour Joseph. On le croise un jour dans une gare, un autre dans un aéroport. Il gâche son talent de concertiste au milieu des voyageurs indifférents. Il attend.
    Mais qui, et pourquoi ?
    Alors qu'il a seize ans, ses parents et sa soeur disparai ssent dans un accident d'avion. Il est envoyé dans un pensionnat religieux des Pyrénées, Les Confins. Tout est dans le nom. Après Les Confins, il n'y a plus rien. Ici, on recueille les abandonnés, les demeurés.
    Les journées sont faites de routine, de corvées, de maltraitances. Jusqu'à la rencontre avec Rose, une jeune fille de son âge. La vie n'est alors que rêves de fugues.
    Jean-Baptiste Andrea a un talent fabuleux pour parler de cet enfant intérieur que nous portons tous en nous.
    Ses héros ont l'âge des douleurs et des révoltes. Avec Des diables et des saints, il achève magistralement sa trilogie autour de l'enfance.

    Des diables et des saints

    L’histoire d’un adolescent de 16 ans qui apprend à jouer du piano avec un grand professeur et dont la vie va se trouver bouleversée par l’accident d’avion qui le rend orphelin en 1969 : ses parents et sa sœur y sont tués. Joe est alors envoyé dans un orphelinat tenu par des religieux et il y subit de multiples maltraitances, de la part du personnel mais aussi parfois de la part des autres jeunes, souvent cruels entre eux. Une galerie de portraits attachants, émouvants, au premier rang desquels Momo venu d’Algérie, un handicapé mental que Joe prend sous sa protection. Il y découvre aussi à l’extérieur du pensionnat, Rose, dont il tombe amoureux. Un récit entre les larmes et les rires, qui sait montrer la capacité de résistance de ces jeunes ; un mélange habile d’un contexte historique précis (1969 : le premier homme sur la lune) et un certain onirisme.

    Librairie Le Livre Bleu

  • Komodo

    David Vann

    Sur l'invitation de son frère aîné Roy, Tracy quitte la Californie et rejoint l'île de Komodo, en Indonésie. Pour elle, délaissée par son mari et épuisée par leurs jeunes jumeaux, ce voyage exotique laisse espérer des vacances paradisiaques : une semaine de plongée en compagnie de requins et de raies manta. C'est aussi l'occasion de renouer avec Roy, qui mène une vie chaotique depuis son divorce et s'est éloigné de sa famille. Mais, très vite, la tension monte et Tracy perd pied, submergée par une vague de souvenirs, de rancoeurs et de reproches. Dès lors, un duel s'engage entre eux, et chaque nouvelle immersion dans un monde sous-marin fascinant entraîne une descente de plus en plus violente à l'intérieur d'elle-même, jusqu'à atteindre un point de non-retour.

    Komodo

    L’île indonésienne est le cadre des retrouvailles familiales entre Tracy, sa mère et son frère, qu’elles sont venues rejoindre pour un séjour de plongée. Mais ce qui pourrait être une semaine joyeuse et centrée sur la découverte des fonds marins est en fait un huis clos presque en apnée parfois et plein de violence entre le frère et la sœur, avec la mère censée être l’arbitre, mais penchant en faveur de son fils. Tracy est mère de jumeaux, elle ne travaille plus, elle ne supporte plus les contraintes de la maternité, alors que son mari ne l’aide pas du tout. Elle arrive donc sur l’île emplie de colère, avec une violence qui affleure en permanence jusqu’à la menace de la catastrophe, face à un frère à qui elle reproche son insouciance et sa liberté.

    Librairie Le Livre Bleu

  • Les ultra religieux ont pris le pouvoir à Jérusalem pour former le Grand Israël. Les Résistants, composés de laïcs juifs et arabes, se sont regroupés à Tel-Aviv pour vivre selon les préceptes des premiers kibboutzim. Signe de la division, un nouveau mur a fait son apparition, entre Jérusalem et Tel-Aviv cette fois. Un mur surveillé par des robots tueurs fournis par la Russie, le parrain du Grand Israël. Ils sont six à devoir franchir cette frontière au péril de leur vie : Haïm, un ultra-orthodoxe en cavale ; Moussa et Malika, deux jeunes Palestiniens en exil ; Ana, la femme d'un religieux éprise de liberté ; Isaac, un conseiller du Premier ministre en proie au doute ; et Eli Bishara, un ex-commissaire de police à la recherche de son amour perdu. Tous n'y parviendront pas. Alexandra Schwartzbrod est romancière, essayiste, spécialiste du Moyen Orient et directrice adjointe de la rédaction de «Libération». Elle a reçu le Prix SNCF du Polar en 2003 pour «Balagan» et le Grand Prix de Littérature policière en 2010 pour «Adieu Jérusalem», deux romans qui composent, avec «Les lumières de Tel-Aviv», un cycle consacré à Israël.

    Les lumières de Tel-Aviv

    Un récit d’anticipation qui se passe à la fois dans le Grand Israël où les juifs ultra orthodoxes ont pris le pouvoir et, alliés aux nationalistes russes, imposé une théocratie et à Tel-Aviv, qui veut être la terre des « résistants », juifs ou arabes, qui rejettent le poids de cette religion. Les deux territoires sont séparés par un mur. Six personnages évoluent de part et d’autre de cette frontière : un ultra orthodoxe, qui ne supporte plus la dictature d’autant qu’elle est en train de se doter de robots tueurs et qui décide de fuir ; un autre ultra orthodoxe, qui s’oppose lui aussi à ces projets, mais de l’intérieur ; la femme du premier qui cherche également à quitter Jérusalem, deux jeunes palestiniens et enfin, un arabe chrétien. Ce n’est cependant pas un roman policier de facture classique.

    Librairie Le Livre Bleu

  • Pour que Jim, chauffeur Uber de soixante ans, voie la vie du bon côté, que faudrait-il? Une petite cure d'antidépresseurs? Non, c'est plus grave, docteur. De l'argent? Jim en a suffisamment. Au fond, ce qu'il veut, c'est qu'on lui fiche la paix dans ce monde déglingué. Et avoir affaire le moins possible a` son prochain, voire pas du tout. Alors, quand sa nouvelle voisine, flanquée d'un mari militaire et d'un fils de quatre ans, lui adresse la parole, un grain de sable se glisse dans les rouages bien huilés de sa vie solitaire et monotone. De quoi faire exploser son quota de relations sociales...
    En entremêlant les destins de ses personnages dans un roman plein de surprises, Levison donne le meilleur de lui-même, et nous livre sa vision du monde, drôle et désabusée.

    Un voisin trop discret

    L’histoire d’un personnage à première vue bien tranquille, Jim, qui cherche à éviter les contacts avec ses voisins, mais qui va accepter de venir en aide à sa voisine, Corina, femme d’un militaire engagé en Afghanistan. Celui-ci a croisé en mission l’autre couple du récit qui s’est créé comme paravent à l’homosexualité du mari, Kyle. A partir de cette situation, qui semble assez ordinaire, l’auteur sait mêler les destins, les entrecroiser et surtout montrer que les personnages ne sont pas ce qu’ils paraissent être. Le plus fouillé est Jim, qui n’est en rien un chauffeur Uber misanthrope. Rien n’est laissé au hasard, jusqu’à la fin qui permet de voir la frontière ténue entre mensonge et honnêteté. Donc, le destin de gens ordinaires mis en scène de façon très convaincante, et en même temps, Levinson égratigne au passage l’armée américaine qui ne supporte pas l’homosexualité dans ses rangs, qui ne se préoccupe pas de l’état psychologique de ses soldats revenant du théâtre des opérations, sauf pour leur faire un enterrement patriotique. Le tout porté par une écriture remarquable.

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  • Sur les pentes abruptes du mont Kujira-yama, au milieu d'un immense jardin, se dresse une cabine téléphonique : le Téléphone du vent. Chaque année, des milliers de personnes décrochent le combiné pour confier au vent des messages à destination de leurs proches disparus.
    En perdant sa mère et sa fille, emportées par le tsunami de 2011, Yui a perdu le sens de sa vie. C'est pour leur exprimer sa peine qu'elle se rend au mont Kujira-yama, où elle rencontre Takeshi, qui élève seul sa petite fille. Mais une fois sur place, Yui ne trouve plus ses mots...
    C'est un endroit réel qui a inspiré à Laura Imai Messina ce magnifique roman. Ode à la délicatesse des sentiments, Ce que nous confions au vent est une puissante histoire de résilience autour de la perte et la force rédemptrice de l'amour.

    Ce que nous confions au vent

    Sur une montagne japonaise, une cabine téléphonique : le Téléphone du vent.  M. Suzuki veille sur ce lieu, ouvert à tous les endeuillés : ils viennent y parler à leurs morts dans ce combiné du vent. Yui a perdu sa mère et sa fille dans le tsunami de 2011. Un soir, au cours de l’émission de radio qu’elle anime, un auditeur évoque le Téléphone du vent. Yui prend la route, sans savoir vraiment ce qu’elle attend d’une telle démarche. Elle y rencontre Takeshi, désemparé par le silence dans lequel s’enferme sa petite fille depuis la mort de sa mère, et d’autres personnages cabossés par la vie. C’est un récit tout en douceur, dont les personnages parviennent peu à peu à mettre du baume sur les blessures du deuil. Des personnages attachants, simples mais habités d’une puissante volonté de vivre et d’aimer. Un récit plein d’espoir, qui rappelle les Délices de Tokyo par l’humanité discrète de ses héros.

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  • Sur l'ïle de Vancouver, se dresse un hôtel aux murs de verre, seulement accessible par la mer. Il est fréquenté par une clientèle exclusive qui veut rompre avec "la civilisation connectée". Là, pas de wifi, pas de portable, on est au bout du monde.  Paul, aspirant compositeur, et sa soeur Vincent, vidéaste amateure, travaillent tous à l'hôtel Caiette. Un soir, alors qu'on attend l'arrivée du milliardaire new-yorkais Jonathan Alkaitis, le gérant découvre avec horreur un tag gravé sur l'une des parois transparentes: "Et si vous avaliez du verre brisé?" Qui est l'auteur de ce graffiti menaçant? Est-il destiné à quelqu'un?  Dans ce havre de luxe, des gens se croisent, des destins se font et se défont. A l'hôtel Caiette, mais aussi à Vancouver et à New York, des vies vont prendre un tour imprévu et souvent dramatique. Comme un papillon au Brésil peut causer une tempête au Texas, un verre au bar de l'hôtel Caiette peut ruiner une existence... 

    L'Hotel de Verre

    Une femme basculant dans l’océan ; un étudiant indécis errant dans la nuit, dix ans plus tôt ; un graffiti d’une ironie menaçante sur la vitre d’un hôtel luxueux au bord de l’eau, quinze ans plus tard… Autant d’éclats de récit qui composent progressivement une histoire autour du charismatique milliardaire Jonathan Alkaitis aux investissements trop rentables pour être honnêtes, et de sa jeune compagne Vincent au prénom étrange. Ce roman nous invite à nous perdre dans un puzzle intriguant, donnant au lecteur l’impression d’être prisonnier d’un labyrinthe aux multiples détours, ceux de la vie des différents personnages. Ces vies se dévoilent l’une après l’autre sans transition, et d’abord sans logique apparente. Puis un fil se tisse, d’abord ténu, parfois interrompu, puis plus net quand les liens entre les différents personnages se nouent au cœur du piège financier imaginé par Alkaitis, pyramide de verre dont la transparence trompeuse dissimulerait une vitre sans tain. Et ce fil nous guide vers la catastrophe. Car le cœur de ce montage financier est vide, et aspire les personnages dans son vertige. Vertige de quêtes sans fin. Vertige d’existences suspendues au bord du gouffre. Vertige de vies dérisoires, qu’un rien peut faire basculer en un instant. Vertige des rêves que poursuivent les personnages – réussite, argent, bonheur. Autour d’une escroquerie à la Madoff, c’est une sorte de kaléidoscope que nous offre l’auteure - un kaléidoscope fêlé, désenchanté. Le rêve est évanescent et insaisissable ; le bonheur est éphémère et teinté de culpabilité. Et les personnages sont entraînés par la vie comme par les eaux de cet océan qui baignent le début et la fin du roman.

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  • L'eau rouge

    Jurica Pavicic

    • Agullo
    • 11 Mars 2021

    Dans un bourg de la côte dalmate, en Croatie, Silva, une jeune fille de 17 ans, disparaît à l'occasion de la fête des pêcheurs. Nous sommes un samedi de septembre 1989, dans la Yougoslavie agonisante. L'enquête policière menée par l'inspecteur Gorki Šain fait émerger un portrait de Silva plus complexe que ne le croyait sa famille : celui d'une lycéenne scolarisée à Split, la capitale dalmate, touchant à la drogue et revendant de l'héroïne pour le compte d'un dealer nommé Cvitko. Et puis il y a ce témoin de dernière minute, qui prétend avoir vu Silva, le lendemain matin de sa disparition, prenant un billet de car pour l'étranger... Mais l'Histoire est en marche, le régime de Tito s'effondre, et le nouveau pouvoir lance une chasse aux sorcières qui n'épargne pas les forces de l'ordre : l'inspecteur Gorki Šain est poussé à la démission et l'affaire, classée. Seule la famille de Silva poursuit obstinément les recherches...
    À travers ce drame intime, L'Eau rouge déploie dans une grande fresque les bouleversements de la société croate : chute du communisme, guerre de 1991 à 1995, effondrement de l'économie et de l'industrie, statut des vétérans de guerre, explosion de l'industrie touristique et spéculation foncière, investissements étrangers et corruption... Ou comment les traumatismes de l'Histoire forgent les destins individuels.

    L'eau Rouge

    Croatie, 1989. Silva, 17 ans, disparaît. Dans la petite ville de pêcheurs où elle a grandi, c’est d’abord l’émoi. Puis commence l’enquête, et avec elle l’espoir, mais aussi la désillusion : Silva n’est peut-être pas la jeune fille saine que s’imaginent ses parents… Année après année, l’attente se poursuit. Faut-il continuer à espérer ? Faut-il mener les recherches à la place de la police, prompte à enterrer le dossier ? Autant de questions qui rongent les parents et le frère de Silva, et qui minent progressivement leurs relations. Puis éclate la guerre ; enfin, vient le temps de la reconstruction du pays, qui renaît de ses cendres méconnaissable, sous le règne de l’argent et des politiciens au passé douteux. Le roman nous fait côtoyer tous les acteurs de la disparition de Silva, retraçant l’évolution de leurs sentiments pendant près de trente ans, depuis le choc initial jusqu’aux conséquences terribles de l’attente, indéfiniment étirée au fil des jours. L’auteur entrelace une analyse psychologique fine des protagonistes, placés à tour de rôle au centre d’un chapitre, et les éléments classiques d’un thriller, dont le suspense est ici avant tout psychologique, entretenu par des interrogations habilement laissées en suspens ou entretenues par des révélations qui reconstituent progressivement le tableau sombre de la disparition de Silva. A cela s’ajoute une atmosphère tragique, dans le cadre particulier de la côte dalmate dont les paysages et le climat tantôt rude, tantôt somptueux, soulignent la dureté minérale de certains caractères et la rupture brutale des destinées. On tend vers la tragédie grecque, avec des figures maternelles possessives, excessives, exigeant tout de leur fils pour tout donner en retour. En toile de fond, les transformations du pays font écho aux inquiétudes des personnages et soulignent la fragilité des liens nationaux quand l’Etat se délite. Les déchirements du village plongé dans les affres d’une enquête policière préfigurent les bouleversements de la guerre, qui emporte avec elle la Yougoslavie de Tito, et laisse derrière elle toute une génération désemparée, contrainte de s’adapter à un nouveau pays dans lequel elle ne se reconnaît pas. C’est donc bien plus qu’un roman policier que nous propose cette Eau rouge : une miniature de la société croate, à travers des personnages auxquels la guerre tient lieu de destin, pour le meilleur ou pour le pire.

    Librairie Le Livre Bleu

  • Le vieux Germain vit seul dans une ferme au coeur des Vosges. Sa fille lui impose de passer l'hiver avec Basile, lointain neveu qui vient faire sa saison de conducteur d'engin de damage dans la station voisine.
    Une jeune femme froide et distante qui conduit les engins des neiges mieux que tous ses collègues masculins, habite la ferme voisine, où ses parents élevaient une meute de chiens de traîneaux quarante ans auparavant.
    Mais bientôt, le village est isolé par une terrible tempête de neige qui, de jours en semaines puis en mois, semble ne pas vouloir s'achever. Alors l'ombre des Malamutes ressurgit dans la petite communauté coupée du monde...
    JPDL revient avec un grand roman situé dans un village de montagne au coeur d'une forêt omniprésente qui réunit tous les éléments du succès du Liseur du 6h27 : tendresse et humour, réalisme magique et incroyable inventivité, personnages hauts en couleur et machines broyeuses, jeunesse et relations intergénérationnelles, noirceur et rédemption....
    Dépeignant la nature et des gens d'aujourd'hui dans une maîtrise narrative impeccable, Malamute est un conte moderne plein de mystère et de poésie qui enchante au moins autant que le Liseur du 6h27.

    Malamute

    Un récit ancré au cœur des Vosges, avec une neige omniprésente, qui plante un décor à la fois envoûtant et inquiétant. Une histoire bien racontée, avec 30 ans de distance, entre l’arrivée de Pavlina et de son mari, étrangers rejetés par ce petit village et le dénouement, quand Germain, le vieux bûcheron, se souvient et regrette son acte, face à celle qui réveille le passé. Une écriture simple mais efficace, un livre qui se dévore d’une traite car les séquences s’enchainent les unes après les autres, sans aucun temps mort. Des vies gâchées, un village qui semble presque maudit pour avoir manqué d’ouverture et d’empathie, et surtout le personnage de Germain, pour lequel on ne peut pas manquer d’avoir une certaine sympathie, malgré ce qu’il a fait. Une seule petite réserve : le happy end entre les deux amoureux.

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  • Au nord du monde

    Marcel Théroux

    • Zulma
    • 1 Avril 2021

    Roman d'aventures ou dystopie, voici LE western du Grand Nord. Un roman déjà culte.
    Steppes et taïga en lieu et place des plaines du Far West. Une ville fantôme balayée par les vents, dernier vestige de la vie de ces pionniers de Sibérie avant qu'un cataclysme emporte tout. Ou presque.
    Le temps s'est arrêté pour Makepeace. En cavalier solitaire, sans âme qui vive sur qui veiller, elle débarrasse les armes et sauve les livres des décombres. Jusqu'à ce que Ping émerge de la taïga, trahissant une peur sans nom dans une langue inconnue, et qu'un avion les survole, en direction du nord. L'espoir chevillé au corps, Makepeace prend la route. Car on n'est jamais vraiment sûr d'être le dernier.

    Au nord du monde

    Le roman fait inévitablement penser à La Route de C Mc Carthy, mais il laisse entrevoir à la fin une lueur d’espoir ou tout au moins, une possibilité d’autre chose que la désolation.

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  • Lauréate du prix Nobel de littérature en 2018, Olga Tokarczuk nous offre un recueil de nouvelles qui vient confirmer l'étendue de son talent : qu'elle se penche sur les époques passées ou qu'elle s'amuse à imaginer celles du futur, elle a toujours le souci d'éclairer le temps présent et ne se défile devant aucune des questions qui se posent aujourd'hui à nous.
    L'esprit d'enfance, le désir d'immortalité, le délire religieux mais aussi le transhumanisme, le rapport à la nature, la fragilité de la civilisation : sans surenchère dans la dystopie, sans jamais de complaisance dans la noirceur, Olga Tokarczuk nous fait mesurer les espaces infinis de ce qui échappe à notre connaissance.
    Mais pour cette écrivaine qui excelle à découvrir des connexions et des correspondances, le salut réside assurément dans les puissances de l'imaginaire et dans l'acceptation par chacun de sa propre étrangeté.

    Histoires bizarroïdes

    Bizarroïdes, c’est le mot. Chaque nouvelle nous emmène dans un univers étrange, chaque fois différent, de la Pologne du XVIIème, à un avenir plus ou moins proche et futuriste. Cette étrangeté permet à Olga Tokarczuk de poser de façon très originale les questions qui lui semblent les plus brûlantes dans notre actualité mondiale : clonage, écologie, rapport entre homme et animal. Tous les récits mêlent une dimension réaliste qui nous rendent familiers les personnages et leurs interrogations, et des éléments étranges, surnaturels, ou futuristes : plus rien n’est évident dans un tel monde. Un monde à l’image de notre monde, dont l’avenir est incertain, entre fascination technologique et urgence écologique, qui dessinent pour l’homme deux façons radicalement différentes d’habiter la planète, et donc d’habiter l’humanité. Chaque fois, l’auteure s’interroge justement sur notre humanité : dans « La Visite », qui, des quatre femmes identiques qui accueillent leurs nouveaux voisins venus faire connaissance, est la femme réelle ? Qui en est la copie ? Et ces « Enfants verts », sont-ils des monstres, ou des êtres idéalement adaptés à la vie dans la nature ? A ces questionnements s’ajoutent une interrogation sur ce qui définit un individu, unique, libre de se construire selon sa volonté, ou modelé par son environnement… et peut-être modelable à volonté, quand il n’est pas soumis à une destinée qui lui échappe. D’autres nouvelles s’intéressent à des thèmes plus classiques : le déclin de la vieillesse, ou la dépendance d’un fils envers sa mère. Des chutes soigneusement calculées pour surprendre le lecteur, des récits sobres et efficacement construits, leur donnent une grande puissance évocatrice, d’autant qu’il s’agit de souligner la fragilité de la destinée, dont le déroulement peut être dévié par un simple détail. Un recueil surprenant et parfois dérangeant donc, où l’humour est forcément noir, et le rire, jaune. Mais on peut réellement se prendre d’affection pour les personnages, pour leur vulnérabilité, pour leur humanité. Une humanité que l’auteure nous invite à aimer et à préserver.

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  • Un scénariste en mal d'inspiration décide de séjourner avec sa femme et sa fille de quatre ans dans une maison isolée parmi les montagnes. Prendre un grand bol d'air pur, aplanir ses difficultés conjugales, avancer sur son nouveau scénario : le narrateur espère bien que cette retraite hivernale portera ses fruits. Mais l'euphorie des vacanciers tourne court dès leur arrivée : atmosphère angoissante, voisinage louche, phénomènes inexplicables construisent peu à peu le décor d'un drame dont la famille ne sortira peut-être pas indemne... Entre histoire à faire peur et conte fantastique, sans se départir de l'ironie mordante qui lui est coutumière, Kehlmann démontre une fois de plus sa virtuosité narrative.

    Tu aurais du t'en aller

    Ça commence comme des vacances sans histoires. Un couple s’installe avec sa fillette pour quelques jours dans une maison à la montagne. Paysage magnifique, calme assuré. Le héros doit terminer un nouveau scénario : ces quelques jours devraient lui fournir les conditions idéales. C’est ce scénario, écrit par bribes successives, que nous lisons, mêlé au journal du héros. Etrangement, se glissent dans son récit des phrases qui ne sont pas de lui : quelle voix se fait donc entendre sous sa plume ? Pourquoi répète-t-elle avec insistance : « Va-t-en » ? Pourquoi le héros ne semble-t-il rien remarquer ? Kehlmann nous fait glisser insensiblement dans un univers de cauchemar, créant une tension inquiétante, qui finit par devenir franchement angoissante, à mesure que s’assemblent des éléments révélant l’envers toxique de ce décor bucolique. Le tout dans un récit aussi bref qu’intense, dont le réalisme rend l’irruption de l’étrange d’autant plus glaçante.

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  • Un jour, Sue Hubbell, biologiste de formation, ayant travaillé comme bibliothécaire, lasse de vivre en marge de la société de consommation de l'Est américain, décide de changer de vie. Avec son mari, elle part à la recherche d'un endroit où ils pourraient vivre loin des villes, suivant l'exemple du poète Thoreau. Après avoir cherché, ils trouvent cette ferme dans les monts Ozark, au sud-est du Missouri, et, ne connaissant rien à l'agriculture ni à l'élevage, ils décident de créer une «ferme d'abeilles». Alors commence pour Sue Hubbell une aventure dont elle n'imagine pas les conséquences. Les saisons, les années passent, maintenant dans la solitude car son mari l'a quittée, et cette femme qui n'avait de la nature qu'une connaissance théorique découvre lentement l'immensité de l'univers qu'elle s'est choisi : sur ces quelques hectares de collines où, depuis la disparition des Indiens Osages, aucun être humain ne s'est vraiment arrêté, la vie a établi ses lois et ses règles, tissant un réseau de dépendances entre tous les habitants : les plantes, les insectes, les araignées, les serpents, les oiseaux, les mammifères, et même les parasites et les bactéries. L'entrée dans ce monde n'est pas simple. Pour Sue Hubbell, c'est un véritable bouleversement. Elle qui croyait tout savoir de la vie animale découvre sur ces arpents de terre que la vie naturelle est un bien meilleur professeur, parce qu'elle ne donne pas la même réponse à toutes les questions, et qu'elle laisse le savoir germer et mûrir comme tout ce qui est vivant et vrai. J.M.G. Le Clézio.

    Une année à la campagne

    Un jour Sue Hubbell décida de changer de vie. Sur les traces de Thoreau, elle décide de vivre en harmonie avec la nature, de fuir la société de consommation, le bruit, la pollution. En 1972, elle crée alors avec son mari "une ferme d'abeilles " au sud du Missouri. Toute sa vie, sa perception du monde s'en trouvent bouleversées . Sue Hubbell qui est biologiste découvre pourtant La vie des abeilles, des insectes, des plantes, cette nature qu'elle croit connaître et qui la surprend chaque jour. Elle est confrontée aussi au beau mais difficile métier d'apiculteur et puis aussi aux angoisses mais aussi aux joies d'une vie solitaire ( son mari l'ayant quittée) . Imaginez, vous êtes à la campagne, aux portes de la forêt, seule dans votre ferme, les voix de la radio, la musique , les livres comme seule compagnie, mais la voûte céleste les soirs de givre comme spectacle, le printemps à attendre et des rêves d'abeilles.

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  • Séoul, 1997. Un gangster accomplit une vengeance sanglante.
    Montréal, 2022. Mark, un flic d'origine coréenne, Jade et Jindo, son labrador à l'odorat affûté, spécialisé dans la détection de mémoires électroniques, enquêtent sur un réseau pédopornographique.
    Alors que les premiers coupables de cette sombre affaire tombent, un mystérieux tueur ensanglante l'hiver montréalais. L'homme, insaisissable, redoutable, a croupi plus de deux décennies dans une prison coréenne. À peine libéré, il monte dans un avion, destination le Québec, déterminé à prendre la revanche qu'il fomente depuis des années.
    Dans la ville enneigée, l'assassin poursuit son passé...

    Mousson froide est un roman peuplé de personnages complexes, attachants souvent, terrifiants parfois. Leurs destins se croisent, les points de vue s'entremêlent pour tisser une intrigue captivante.

    Mousson froide

    Séoul, fin des années 90. Après une énième dispute, une femme jette dehors son mari. Pendant qu’elle savoure avec ses enfants le calme retrouvé, l’homme rumine sa vengeance. Elle sera terrible. Montréal, 2022. Le lieutenant Mark Song enquête sur un réseau de pédopornographie. Son atout majeur dans cette traque n’est autre qu’un labrador, Jindo, dressé spécialement à retrouver des cartes mémoires ou autres clés USB grâce à son flair. Jade Assiniwi, maîtresse de Jindo, est l’une des seules du service à pouvoir déceler l’épuisement nerveux de Mark, qui tente de surmonter ses insomnies à coups de cafés et autres stimulants chimiques, en alternance avec des somnifères. Le lien entre le prologue coréen et l’intrigue canadienne se révèle peu à peu, grâce à un récit centré tour à tour sur les différents protagonistes, et dont le narrateur est même parfois… Jindo, le labrador, dont le rôle dans l’action sera essentiel. Le suspense se noue peu à peu, et le rythme accélère progressivement, au fil du déroulement de l’enquête, mais aussi du cheminement intérieur des héros, qui doivent apprendre à faire face aux démons de leur passé. Vengeance familiale, enquête criminelle, intrigue sentimentale : le roman mêle ces ambiances, avec une écriture fluide, teintée d’humour quand le chien nous fait partager ses impressions sur les hommes qui l’entourent. On savoure cette « mousson froide » avec autant de plaisir qu’une bonne série.

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  • Pachinko

    Min Jin Lee

    L'histoire nous a failli, mais qu'importe.
    Début des années 1930.
    Dans un petit village coréen, la jeune Sunja se laisse séduire par les belles paroles et tendres attentions d'un riche étranger. Lorsqu'elle découvre qu'elle est enceinte et que son amant est déjà marié, elle est confrontée à un choix : devenir, comme tant d'autres jeunes femmes dans sa situation, une seconde épouse, une « épouse coréenne » ou couvrir sa famille de déshonneur. Elle choisira une troisième voie : le mariage avec Isak, un pasteur chrétien qu'elle connaît à peine et qui lui offre une nouvelle existence au Japon. Cette décision est le point de départ d'un douloureux exil qui s'étendra sur huit décennies et quatre générations.
    Avec une justesse historique remarquable et une écriture précise et dépouillée, Min Jin Lee nous offre, à travers un siècle de relations nipp-ocoréennes, un hymne intime et poignant à tous les sacrifices que font les immigrés pour trouver leur place en pays étrangers.
    « UN VÉRITABLE HOMMAGE AUX GENS QUE L'HISTOIRE SEMBLE DÉTERMINÉE À EFFACER. » The Guardian

    Pachinko

    Le récit d’une famille coréenne sur quatre générations des années 1930 aux années 1990, d’abord et de façon brève en Corée, puis surtout au Japon. Cette famille est prise dans le chaos de l’Histoire, que ce soit la persécution des Chrétiens dans le Japon expansionniste, la seconde guerre mondiale ou la guerre de Corée qui rend tout retour impossible. Mais ce que l’on retient avant tout, c’est la discrimination dont sont victimes toutes les minorités, les Coréens bien sûr, ce qui les amène à ne pouvoir survivre dans la société japonaise qu’en adoptant une attitude de soumission, en réussissant uniquement dans des métiers sous-considérés et parfois même liés à la pègre comme dans les salles où l’on joue au pachinko. Cette discrimination touche également les femmes, qu’elles soient coréennes ou japonaises et, à cet égard, les personnages féminins sont particulièrement bien décrits et très émouvants, à l’image de Sunja, qui garde une force admirable. Se lit très facilement, sans qu’il y ait de longueur, malgré les 600 pages. Une écriture à la fois simple et remplie de pudeur.

    Librairie Le Livre Bleu

  • La mort subite de la séduisante Mitsuko prend tout le monde par surprise, y compris les clients de sa librairie. Alors que des visiteurs viennent rendre un dernier hommage à sa mère, Tarô, son fils sourd et muet, est charmé par la beauté naturelle d'une jeune femme venue lui présenter ses condoléances.

    Maimai

    Librairie Le Livre Bleu

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