Mots du libraire

  • La maison allemande

    Annette Hess

    Francfort, au début des années 1960. Eva Bruhns est une jeune femme sans histoire : interprète du polonais, elle est requise pour traduire les dépositions de témoins au second procès d'Auschwitz qui vient de s'ouvrir afin de traduire en justice les crimes de dignitaires nazis. Si elle voit d'abord dans ce travail l'occasion de conquérir une autonomie financière inédite, les révélations auxquelles le procès la confrontent ne tardent pas à la bouleverser... Un beau roman sur le blocage mémorial dans l'Allemagne d'après-guerre et le difficile apprivoisement par la génération suivante d'une mémoire traumatique, mené avec une souplesse très cinématographique, mais qui dresse aussi avec empathie et justice le portrait d'une jeune fille des années 1960, de sa délicate entrée dans l'âge adulte et de la construction patiente de son individualité.

    Une image de la société allemande des années 60

    Un roman dur mais efficace sur le refoulement du passé nazi par la société allemande. On se situe à Francfort en 1963, au moment du second procès d’Auschwitz. Eva y participe en tant que traductrice de polonais et elle va prendre conscience des monstruosités qui y ont été commises.

    L’auteure a réussi à mettre en parallèle l’histoire personnelle d’Eva et le rappel de l’horreur nazie : en effet, elle la découvre d’abord avec la précision des détails rapportés par les survivants ; puis progressivement, elle comprend que ce récit la touche de près, dans la mesure où elle a vécu dans le camp, petite fille à côté des bourreaux, avec son père cuisinier à Auschwitz : elle a oublié ou refoulé toute cette période.

    Au delà d’Eva, ce sont tous les personnages qui sont touchés par ce qui a eu lieu pendant la seconde guerre mondiale : les survivants qui ne peuvent pas pardonner, les Juifs qui ont pu s’enfuir avant la mise en place du génocide et qui en gardent une culpabilité pesante, jusque chez leurs enfants et, bien sûr, ceux qui ont fait partie, à des degrés divers de la « banalité du mal » et, parmi eux, ceux qui n’ont rien fait pour dénoncer.

    Une très fidèle reconstitution de cette société allemande des années 60, volontairement ou non amnésique.

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  • Le crocus jaune

    Ibrahim Laila

    LA QUÊTE DE LIBERTÉ ET DE DIGNITÉ DE FEMMES QUE TOUT OPPOSE... OU PRESQUE.
    Première moitié du XIXe, État de Virginie, États-Unis.
    À sa naissance, Lisbeth est enlevée à sa mère pour être confiée à Mattie, une esclave, qui se voit contrainte de se séparer de son propre bébé pour devenir la nourrice de l'enfant. Une relation intense, qui va influencer leurs vies pendant des décennies, se développe entre elles et Lisbeth trouve, auprès de Mattie et des siens, sa famille de coeur. Mais un tel lien entre deux personnes que tout sépare est-il vraiment sans conséquence ?

    Au dela de la couleur des peaux

      Un très beau récit qui a pour cadre la Virginie, dans les années 1830 principalement, et qui met en scène la relation privilégiée qui se noue entre Lisbeth et Mattie. Ce bébé blanc est en effet confié à une esclave qui va l’entourer d’un amour peu présent dans la famille blanche. Mattie, qui a été séparée de son propre fils pour nourrir Lisbeth, aide pourtant la petite fille à grandir. Puis, malgré son déchirement, elle fuit la plantation pour retrouver son fils et son mari, esclaves fugitifs, à un moment où les rapports entre le Nord et le Sud des Etats-Unis commencent à se tendre. Pourtant, Lisbeth n’oublie jamais son ancienne nourrice et va progressivement prendre conscience des réalités de la société esclavagiste dans laquelle elle vit, et des violences qu’elle génère. Une histoire qui présente l’intérêt de se placer de plusieurs points de vue, qui n’oppose pas  de façon manichéenne les Blancs et les esclaves, même si la fin, particulièrement réussie, montre que chacun ne peut que rester à sa place dans des conditions sociales figées.  

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  • À la suite d'une épidémie d'encéphalite qui ne frappe que les hommes, les femmes les remplacent dans leurs rôles sociaux, et c'est une Présidente, Sarah Bedford, féministe dure, qui s'installe à la Maison-Blanche. Le Dr. Martinelli, qui recherche un vaccin contre l'encéphalite, est enfermé avec d'autres savants à Blueville, dans une «zone protégée» qui les tient à l'abri de l'épidémie mais dans un climat de brimades, d'humiliations et d'angoisse. Martinelli acquiert vite la conviction que son vaccin ne sera pas utilisé, du moins sous l'Administration Bedford. C'est paradoxalement chez les femmes qu'il trouvera ses alliées les plus sûres et par les femmes qu'il sera libéré. Mais, une fois Bedford remplacée à la Maison-Blanche par une féministe modérée, Martinelli saura-t-il s'adapter à une société où les hommes ne jouent plus qu'un rôle subalterne ?

    Anticipation féministe

    Une épidémie mortelle ne touche que les hommes aux Etats-Unis. Les femmes sont alors amenées à les remplacer et s’installent au pouvoir dans tous les secteurs : politique avec une femme à la Maison Blanche, économique. Le docteur Martinelli est chargé avec une équipe de mettre au point un vaccin pour enrayer l’épidémie et, pour ce faire, ils sont isolés ; mais sont-ils vraiment « protégés ? »Ne sont-ils pas plutôt prisonniers ? Car leurs recherches ne doivent pas aboutir : les femmes ont en effet pris goût au pouvoir et li va être difficile de parvenir à les remplacer, de toute façon pas par des hommes mais par des féministes modérées. Un roman d’anticipation plutôt réussi, surtout pour l’époque à laquelle il a été écrit. Aujourd’hui, malgré tout, ce type de sujet a été abordé plusieurs fois, jusqu’à la remise en question de certaines positions anti-hommes radicales et, dans ces conditions, même si c’est un peu injuste, le livre paraît parfois daté. Intéressant cependant de voir décrites principalement les réactions d’un homme

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  • Le coeur converti

    Stefan Hertmans

    Lorsque Stefan Hertmans apprend que Monieux, le petit village provençal où il a élu domicile, a été le théâtre d'un pogrom il y a mille ans et qu'un trésor y serait caché, il part à la recherche d'indices. Une lettre de recommandation découverte dans une synagogue du Caire le met sur la trace d'une jeune noble normande qui, à la fin du onzième siècle, convertie par amour pour un fils de rabbin, aurait trouvé refuge à Monieux. La belle Vigdis est tombée amoureuse de David, étudiant à la yeshiva de Rouen. Au péril de sa vie, elle le suit dans le Sud, commence à prier son dieu et devient Hamoutal. Son père ayant promis une forte somme à qui la ramènerait, des chevaliers se lancent à sa poursuite. Puis les croisés, de plus en plus nombreux sur le chemin de Jérusalem, semant mort et destruction dans leur sillage, s'intéressent à cette femme aux yeux bleus. C'est le début d'un conte passionnant et d'une reconstruction littéraire grandiose du Moyen Âge. S'appuyant sur des faits et des sources authentiques, cette histoire d'amour tragique, menée comme une enquête, entraîne le lecteur dans un univers chaotique, un monde en pleine mutation. Stefan Hertmans nous offre aussi un roman contemporain, celui d'une femme en exil que guide l'espoir.

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    Histoire d'amour tragique

    Une histoire d’amour tragique à la fin du XIème s entre une jeune noble normande, vivant à Rouen et un juif qui est venu y étudier. Tous les deux fuient jusqu’à Narbonne, où habite la famille de David. Mais, pourchassés par des chevaliers normands, ils s’installent finalement dans un petit village du Sud, Monieux, où se trouve une communauté juive. Alors que leur vie se reconstruit, avec la naissance de trois enfants, le village sur la route des Croisés en route vers la Méditerranée, est soumis au pillage et à la mort : David est tué, deux enfants sont volés et celle qui a changé de nom et de religion part pour l’Orient dans l’espoir impossible d’y retrouver ses enfants. Mais elle sombre de plus en plus dans le désespoir et la folie. Un récit plutôt bien documenté sur la violence et les conflits de religion qui caractérisent la période. Les difficultés pour changer de religion sont également bien montrées, d’un point de vue interne comme d’un point de vue social. Petit bémol: l’intervention du narrateur, qui veut mettre en valeur ses sources et surtout voir les lieux où s’est déroulée l’histoire est moins réussie, cela l’alourdit alors qu’elle se suffit à elle-même.

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  • Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.

    A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour.

    La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.

    Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même...

    Apprentissage au coeur de la nature

    Une petite fille abandonnée à 10 ans par sa famille, d’abord sa mère et ses frère et sœurs, puis par son père, alcoolique et violent : elle se retrouve seule au cœur d’un marais de Caroline du Nord et elle devient aux yeux du village proche l’Enfant des Marais, différente et donc rejetée. Grâce à l’aide d’un adolescent, elle apprend cependant à lire et à écrire, puis, plus tard, elle s’ouvre à l’amour, avec toujours la sombre certitude d’être vouée à la solitude.

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  • Hannah, Cate et Lissa sont jeunes, impétueuses, inséparables. Dans le Londres des années 90 en pleine mutation, elles vivent ensemble et partagent leurs points de vue sur l'art, l'activisme, l'amour et leur avenir, qu'elles envisagent avec gourmandise. Le vent de rébellion qui souffle sur le monde les inspire. Leur vie est électrique et pleine de promesses, leur amitié franche et généreuse. Puis les années passent, et à trente-cinq ans elles ne sont pas celles qu'elles s'imaginaient être. Entre la remise en cause de leur indépendance, des carrières plus ou moins épanouissantes et des mariages chancelants, toutes trois sont insatisfaites et chacune convoite ce que les deux autres semblent posséder. Qu'est-il arrivé aux femmes qu'elles étaient supposées devenir ? Dans ce roman tout en nuances sur les différentes facettes de l'amitié au fil du temps, Anna Hope tisse avec élégance et délicatesse la vie de ces trois héroïnes contemporaines. Elle sonde les différentes façons de trouver son identité de femme, mais aussi de mère, de fille, d'épouse ou d'éternelle rebelle, et explore cet interstice entre les espérances et la réalité, cet espace si singulier fait de rêves, de désirs et de douleurs où se joue toute vie.

    Une belle histoire d'amitié

    Chronique douce amère de la vie de trois trentenaires à Londres : elle sont amies et, en même temps, elles se jalousent parfois, à la recherche de bonheurs qu’elles n’ont pas et que chacune semble trouver chez les deux autres. Hannah a réussi sa vie professionnelle, sa vie amoureuse, à première vue du moins, mais elle cherche désespérément à avoir un enfant ; Cate, trop rapidement mariée et mère, est déçue par la médiocrité du quotidien ; Lissa souhaite devenir une grande comédienne dans un milieu artistique sans pitié. Elles sont aussi toutes les trois façonnées par une enfance et une adolescence différentes. Face à ces situations, leur amitié est mise à l’épreuve. Un roman bien construit, même si ce n’est pas forcément d’une façon originale : l’auteure sait donner la parole à chacune des trois amies, elle sait bien utiliser les allers et retours dans le temps. Elle est aussi bien ancrée dans l’époque contemporaine, en accordant une place au féminisme de manière plutôt objective.

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  • Buveurs de vent

    Franck Bouysse

    Ils sont quatre, nés au Gour Noir, cette vallée coupée du monde, perdue au milieu des montagnes. Ils sont quatre, frères et soeur, soudés par un indéfectible lien.
    Marc d'abord, qui ne cesse de lire en cachette.
    Matthieu, qui entend penser les arbres.
    Puis Mabel, à la beauté sauvage.
    Et Luc, l'enfant tragique, qui sait parler aux grenouilles, aux cerfs et aux oiseaux, et caresse le rêve d'être un jour l'un des leurs.
    Tous travaillent, comme leur père, leur grand-père avant eux et la ville entière, pour le propriétaire de la centrale, des carrières et du barrage, Joyce le tyran, l'animal à sang froid...

    Dans une langue somptueuse et magnétique, Franck Bouysse, l'auteur de Né d'aucune femme, nous emporte au coeur de la légende du Gour Noir, et signe un roman aux allures de parabole sur la puissance de la nature et la promesse de l'insoumission.

    Mystère en famille

    Le destin d’une fratrie de trois frères et une sœur, qui vivent dans une vallée isolée, le Gour Noir, au cœur de légendes. La vie et le travail s’organisent autour d’une centrale, possédée par un personnage énigmatique et tout-puissant, Joyce. Marc, l’aîné, aime les livres, même si son père l’a battu pour lui en faire passer le goût, Matthieu est en harmonie avec la nature, les arbres et la rivière, Luc est un enfant différent, qui n’a jamais pu aller à l’école. Quant à Mabel, la seule fille, elle est à la fois solaire et libre. Ils sont capables de faire front, soudés par un lien très fort, aux difficultés que la vie leur réserve et d’aller jusqu’au meurtre pour défendre la relation particulière qu’ils ont entre eux et avec la nature. Un récit parfois mystérieux et porté par une très belle écriture.

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  • En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l'intention d'y rester jusqu'au lendemain. Mais tard dans la nuit, l'un d'eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l'ancien propriétaire. La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d'écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d'autres lettres arrivent du passé. L'espace d'une nuit, d'un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur. Un miracle de roman fantastique, émouvant et profondément humaniste.

    Les miracles du bazar Namiya

    3 jeunes voleurs se cachent dans un bazar désaffecté, ils vont y vivre une aventure exceptionnelle, un peu fantastique. L’ancien propriétaire de cette boutique avait l’habitude de répondre à des lettres de personnes qui demandaient des conseils sur des évènements importants de leur vie. A partir de là, commence une série d’allers et retours fascinants dans le passé proche, les années 80, puisque les jeunes se prennent au jeu et fournissent eux aussi des réponses. Outre l’écriture très fluide et juste, les tranches de vie ainsi racontées permettent de bien appréhender certains traits de la société japonaise : le respect dû aux parents, la difficulté pour les filles de trouver une place, l’évaporation des personnes quand elles ne peuvent plus assumer leurs dettes, le rôle des foyers pour enfants ; sans oublier le contexte, d’un Japon en pleine ascension économique à l’éclatement de la bulle spéculative et aux problèmes actuels. Comme dans d’autres romans japonais, ceux d’A Shimazaki par exemple, l’imbrication entre les personnages est très réussie, particulièrement dans la chute du livre. Un régal de lecture, qui peut aussi séduire par d’autres aspects, ainsi le fait de remonter le temps.

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  • Une rose seule

    Muriel Barbery

    Alors qu'elle a traversé la planète pour rejoindre le Japon, une femme franchit la cloison de verre de l'altérité et entre peu à peu dans l'agencement esthétique et spirituel des jardins et des temples de Kyôto. Jour après jour, guidée par celui qui fut l'assistant de son père disparu, ces promenades sont en elle autant de motifs à résonances, chambres d'échos, révélations minuscules puis essentielles de sa personnalité.  Ce roman des origines est un voyage, une géographie secrète, en même temps qu'une transposition poétique de l'énigme du sentiment amoureux.

    Une hymne au Japon

    L’histoire en elle-même n’a finalement que peu d’importance. Ce que l’on retient avant tout, c’est un hymne au Japon, à sa pudeur, à la poésie qui apparaît dans le moindre élément naturel.

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  • « Il s'est trompé, il a appuyé sur la mauvaise touche, pensa aussitôt Ziad. Il ne va pas tarder à redescendre... Il se retint de crier : «Papa, tu fais quoi ? Papa ! Je suis là, je t'attends...» Pourquoi son père tardaitil à réapparaître ? Les courroies élastiques de l'ascenseur s'étirèrent encore un peu, imitant de gigantesques chewinggums. Puis une porte s'ouvrit làhaut, avec des rires étranges, chargés d'excitation, qu'on étouffait. Il va comprendre son erreur, se répéta Ziad, osant seulement grimper quelques marches, sans parvenir à capter d'autre son que celui des gosses qui jouaient encore dans la cour malgré l'heure tardive, et la voix exaspérée de la gardienne qui criait sur son chat.
    Son père s'était volatilisé dans les derniers étages de l'immeuble, et ne semblait pas pressé d'en revenir. ».

    Ziad, 10 ans, ses parents, Anne et Bertrand, la voisine, Muriel, grandissent, chutent, traversent des tempêtes, s'éloignent pour mieux se retrouver. Comme les Indiens, ils se sont laissé surprendre ; comme eux, ils n'ont pas les bonnes armes. Leur imagination saura-t-elle changer le cours des choses ? La ronde vertigineuse d'êtres qui cherchent désespérément la lumière, saisie par l'oeil sensible et poétique d'Isabelle Carré.

    Des récits âpres

    Le roman met en scène 4 personnages, confrontés à la dureté de la vie : Ziad, le petit garçon qui voit son quotidien familial voler en éclat quand son père, Bertrand, s’éprend de la voisine, Muriel ; Bertrand, atteint dans ses sentiments mais aussi dans son corps par un anévrisme ; Muriel, qui se souvient de la façon dont, comédienne débutante, elle a été abusée par le cinéaste sans pouvoir réagir ; et Anne, la mère de Ziad, qui fuit jusqu’au crime les blessures de la vie. Ils sont tous les 4 du côté des Indiens, c’est-à-dire du côté des perdants, qui essaient malgré tout de survivre. Des personnages intéressants par eux-mêmes et par leur histoire, mais il est parfois un peu difficile de faire le lien entre eux, comme si plusieurs récits différents étaient racontés.

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  • Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à coeur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l'université pour y faire de brillantes études, il voit s'évanouir ses rêves d'avenir lorsque, à la suite d'une erreur judiciaire, on l'envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s'engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Sauf qu'il s'agit en réalité d'un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d'amitié. Mais l'idéalisme de l'un et le scepticisme de l'autre auront des conséquences déchirantes.

    Couronné en 2017 par le prix Pulitzer pour Underdground Railroad puis en 2020 pour Nickel Boys, Colson Whitehead s'inscrit dans la lignée des rares romanciers distingués à deux reprises par cette prestigieuse récompense, à l'instar de William Faulkner et John Updike. S'inspirant de faits réels, il continue d'explorer l'inguérissable blessure raciale de l'Amérique et donne avec ce nouveau roman saisissant une sépulture littéraire à des centaines d'innocents, victimes de l'injustice du fait de leur couleur de peau.

    « Le roman de Colson Whitehead est une lecture nécessaire. Il détaille la façon dont les lois raciales ont anéanti des existences et montre que leurs effets se font sentir encore aujourd'hui. » Barack Obama

    Croire en la justice

    Le récit de la courte vie d’un jeune adolescent noir, Elwood, dans la Floride des années 60 en proie à la ségrégation. Elwood, brillant élève, s’intéresse de près aux mouvements civiques et à la personnalité de Martin Luther King. Mais, alors qu’il peut prétendre aller à l’université, le destin en décide autrement et il se trouve enfermé dans une sorte de maison de redressement appelée Nickel. Il va y subir les pires tourments, il découvre que des jeunes Noirs disparaissent sans laisser de traces et il est tué alors qu’il vient de dénoncer ces crimes, car il veut croire à la justice. Un très beau portrait, qui rappelle à quel point la condition noire a été (est) difficile car le roman s’inspire d’un fait-divers : l’institution décrite a bien existé. Les citations de M Luther King , bien choisies, permettent de se replacer dans le contexte de l’époque

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  • Avec beaucoup d'autodérision Arthur raconte son vécu d'enfant laid, puis d'adolescent et de jeune homme. Dès sa naissance, ses parents, qui s'attendaient à un beau bébé, sont effondrés. Il est d'une rare laideur ! Ils essaient de s'attacher à lui. Peine perdue. Ils espèrent qu'un chirurgien saura réparer cette erreur de la nature. Mais aucune intervention n'est possible avant l'âge adulte. En attendant, ils cachent leur enfant du mieux qu'ils peuvent : « burka pour bébé », écharpes, chapeaux... Comment grandir avec cette laideur? On accompagne Arthur, ses aventures, intrigues, instants de suspense. Son désir intense d'être « comme tout le monde ». On s'attache aussi à sa famille, notamment à Kouki, une artiste, troisième parent d'Arthur. Elle apprend la sculpture à son père qui dessine sa laideur, la transforme, avec succès, en oeuvre d'art. On finit par aimer cet être laid, on se glisse dans sa peau, sous sa barbe, ses cheveux longs, on lui veut du bien parce qu'il pourrait être nous...

    Je suis né laid

    Arthur est un bébé très laid, même aux yeux de ses parents, qui dans un premier temps le cachent presque. Il va subir cette laideur qui entraîne une mise à l’écart pendant toute son enfance, son adolescence et le début de sa vie d’adulte, avant de pouvoir recourir à la chirurgie esthétique. Une autodérision totale et en même temps légère quand Arthur décrit son parcours, même s’il va pouvoir compter très vite sur l’amour de ses parents ; notamment celui de son père qui devient un sculpteur à succès magnifiant la laideur, dans un hymne permanent à son fils. Une réussite de la part de l’auteure qui sait présenter Arthur avec une telle bienveillance et une telle empathie qu’on oublie tous les critères de la normalité. Cela n’empêche pas la souffrance d’apparaître de façon parfois sous-jacente, parfois clairement exprimée, particulièrement dans les relations amoureuses.

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  • La confidente

    Renee Knight

    Il n'y a qu'un pas entre la loyauté...et l'obsession.

    Regardez autour de vous. Qui détient le plus de pouvoir dans la pièce ? Est-ce celui qui parle le plus fort ou celui qui a le plus d'argent ?
    Ou peut-être est-ce quelqu'un comme Christine Butcher : une figure douce et invisible, un témoin silencieux lorsque les informations sont partagées et les secrets murmurés.
    Quelqu'un qui, tranquillement, parfois même sans le vouloir, accumule des connaissances sur ceux qu'elle est venue servir - ceux qui ne vont pas faire attention à elle.
    Mais lorsque quelqu'un comme Christine Butcher est poussé à bout, elle pourrait bien devenir la personne la plus dangereuse et la plus puissante de la pièce...

    Une secrétaire trés particulière

    Christine, 25 ans, est embauchée comme secrétaire par Mina Appleton, qui dirige une chaîne familiale de supermarchés en Angleterre. Mais, en fait, elle est bien plus qu’une secrétaire : totalement dévouée à sa patronne, elle délaisse sa famille, au point que son mari la quitte et que sa fille part vivre avec lui. Elle ne comprend pas, ou elle ne veut pas comprendre, que Mina l’exploite et l’amène à la couvrir quand elle passe dans l’illégalité (en mentant sur ses relations avec les fournisseurs des produits agricoles, en plaçant de l’argent sale en Suisse). Jusqu’au procès inclus, elle soutient sa patronne avant de se rendre compte qu’elle a été bernée et de penser à sa vengeance. Fait parfois penser au film « Une étrange affaire », avec Michel Piccoli. L’auteure présente bien le personnage de Christine, en n’essayant pas de la rendre sympathique, notamment quand elle décrit la distance avec sa fille. Elle sait également amener une fin originale. Le titre anglais « La secrétaire » est plus adapté que «  La confidente ».

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  • Elles sont trois soeurs, nées dans une famille catholique modeste à Aix-en-Provence. Sabine, l'aînée, rêve d'une vie d'artiste à Paris ; Hélène, la cadette, grandit entre son oncle et sa tante, des bourgeois de Neuilly-sur-Seine, et ses parents, des gens simples ; Mariette, la benjamine, apprend les secrets et les silences d'un monde éblouissant et cruel.
    En 1970, dans cette société française qui change, où les femmes s'émancipent tandis que les hommes perdent leurs repères, les trois soeurs vont, chacune à sa façon, trouver comment vivre une vie à soi, une vie forte, loin de la morale, de l'éducation ou de la religion de l'enfance.
    Cette saga familiale, qui nous entraîne de l'après Mai 68 à la grande nuit du 10 Mai 1981, est tout autant une déambulation tendre et tragique dans ce siècle que la chronique d'une époque où les consciences s'éveillent au bouleversement du monde et annoncent le chaos à venir.
    Il fallait le talent de l'auteure de Bakhita pour en saisir le souffle épique et visionnaire, et la justesse intime.

    Un tableau de Mai 68

    Un roman à cinq voix pour mettre en scène l’évolution d’une famille catholique, de l’après Mai 68 à l’arrivée au pouvoir de F Mitterrand, entre une ville de province, Aix en Provence et Paris. D’abord, la voix des 3 filles : Sabine, l’aînée, qui va à Paris pour faire du théâtre et qui y subit plusieurs désillusions ; Hélène, écartelée dès sa jeunesse entre sa famille d’origine modeste et celle de son oncle à Neuilly, qui a parfois l’impression de trahir les siens ; et Mariette, la plus jeune, fragile à la fois dans son corps (asthme) et dans ses sentiments. Ensuite, celle des parents : le père, Bruno, aimant mais prisonnier d’une religion aux valeurs traditionnelles et la mère, Agnès, étouffée par ce carcan et cherchant à s’en libérer, en prenant progressivement conscience de la montée des mouvements féministes. Mais comment accéder à l’émancipation pour tous ces personnages, sans heurter les autres, sans les blesser ? Un tableau réussi de ces années, des personnages qui doutent, qui sont imparfaits. Peut-être à apprécier davantage si l’on a vécu la période et si les évènements évoqués entrent en résonance.

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  • La mort de Mrs Westaway

    Ruth Ware

    Lorsque Harriet Westaway reçoit un courrier lui annonçant un héritage conséquent provenant de sa grand-mère, cela semble être la réponse inespérée à tous ses problèmes.
    En effet, Harriet doit de l'argent, beaucoup d'argent, emprunté à un usurier sans scrupules, et cela risque fort de mettre sa vie en danger. Seul souci : ses grands-parents sont décédés vingt ans auparavant, et elle ne les a même jamais connus. La lettre a donc été adressée à la mauvaise personne.
    Mais Harriet qui gagne sa vie en tirant les cartes pour prédire l'avenir n'est plus à une affabulation près.
    Et ce coup du sort pourrait enfin tout résoudre... sauf si le hasard en décide autrement...

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    Un policier de facture classique mais So british

      Le personnage principal, Harriet Westaway, qui est cartomancienne, est informé qu’elle va recevoir un héritage alors qu’elle est sans le sou et sans famille. Prête dans un premier temps à mentir pour l’obtenir, elle découvre peu à peu qu’elle appartient bien à cette famille pleine de secrets. Un policier de facture classique mais So british, entre Brighton et la Cornouailles.  

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  • Entre fauves

    Colin Niel

    Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des ours. Mais depuis des mois, on n'a plus la moindre trace de Cannellito, le dernier plantigrade avec un peu de sang pyrénéen. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l'animal. Alors, lorsqu'il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d'un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l'opinion publique. Même si d'elle, il ne connaît qu'un pseudonyme sur les réseaux sociaux : Leg Holas.

    Une aventure à dévorer de toute urgence

    Un livre qui pose de nombreuses questions : la place de l’écologie et surtout la défense des animaux, le poids des réseaux sociaux. L’auteur parvient à montrer des personnages ambivalents. Le titre est particulièrement bien choisi, de même que la couverture : la tête du lion est magnifique.

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  • C'est l'été 1938 en Europe centrale. Et comme chaque année ils sont là, sur la rive, en villégiature.

    Il y a Rosa Klein, qui lit dans les lignes de la main. Mais peut-on se fier à ses prédictions ? Et Karl Koenig, l'écrivain. Pourquoi fréquente-t-il les autres vacanciers au lieu de consacrer toute son énergie au roman qu'il est en train d'écrire ? Qui sont vraiment « l'homme à la jambe coupée » et la jeune femme amoureuse que tous les Juifs appellent par l'initiale de son prénom ? Et le père et la mère d'Erwin, l'enfant si sensible à l'anxiété de ceux qui l'entourent ?

    Dans ce roman magistral publié quelques années avant sa mort, Aharon Appelfeld tisse les questions intimes, littéraires et métaphysiques qui l'ont accompagné toute sa vie. Sous sa plume, ces dernières vacances avant la guerre sont le moment où l'humanité se dévoile dans ses nuances les plus infimes, à l'approche de la catastrophe que tous redoutent sans parvenir à l'envisager.

    La valeur du quotidien

    Ce qui donne sa force au récit, c’est qu’il se situe en 1938, le denier été complet avant la guerre et que chacun, à sa manière, en prend conscience, surtout l’enfant. L’auteur réussit ainsi à donner une grande profondeur à cette banalité qui va s’interrompre.

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  • Pour les besoins d'une thèse sur « la vie à la campagne au XXIe siècle », un étudiant en anthropologie prend ses quartiers à La Pierre-Saint-Christophe, village fictif au bord du Marais poitevin, pour y observer les us et coutumes de ses pittoresques habitants - monsieur le Maire en tête, truculent patron de l'entreprise locale de Pompes Funèbres. Car ainsi va la grande Histoire : partout la mort saisit le vif - sauf pendant ces trois jours où elle marque une trêve, offrant un étourdissant répit à ses plus fidèles serviteurs : le banquet annuel de la Confrérie des fossoyeurs. Où l'auteur de «Boussole» (Prix Goncourt 2015) investit le terroir de douce France, explore les ressources de son Poitou natal, exhume des trésors de culture populaire, et donne libre cours à sa fibre comique.

    Entre les deux mon coeur balance

    Un récit totalement loufoque, difficile à appréhender, encadré au début par le journal d’un jeune thésard, venu de Paris pour disséquer, comme un anthropologue contemporain, un village fictif près de Niort et surtout ses habitants, avec le vocabulaire pompeux de celui qui sait : les ruraux, les rurbains, les problématiques à construire. Parmi les habitants scrutés par le doctorant, le maire du village qui est fossoyeur. Le roman bascule alors dans une ronde sans fin de ces personnages, qui sont balancés dans la Roue et connaissent des réincarnations successives, toutes plus jubilatoires les unes que les autres : ainsi, un prêtre qui devient sanglier. Il passe ensuite au banquet annuel des fossoyeurs qui, dans un pastiche de Rabelais, rassemble les fossoyeurs de tout le pays autour d’un repas forcément pantagruélique et de discussions sur la mort et ses prolongements. Enfin, le récit s’achève par le retour au journal de celui qui n’est plus doctorant, ni parisien, mais qui a acquis la sagesse nécessaire pour se recycler en apprenti agriculteur bio. Des passages très savoureux, comme l’idée d’un enterrement « bio », mais aussi parfois un sentiment de vertige, sans doute voulu, devant cette Roue qui ne s’arrête pas et cette multitude de personnages.

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  • Nagasaki

    Agnes Hostache

    D'après le livre d'Eric Faye, Grand Prix du Roman de l'Académie française.

    Eric Faye en BD

    Il y a un mystère dans la vie bien rangée de Mr Shimura-san . Que se passe-t-il en son absence, la journée, dans sa maison si calme si ordonnée. Agnès Hostache à partir du subtil roman d'Eric Faye crée un roman graphique tout en émotions précises , aiguës . La solitude de nos vies modernes. L'enfer quotidien de ceux qui nous entourent et que l'on ne voit pas, tout est évoqué ici. La lumière d'une nuque, l'ordonnance domestique du quotidien. On croirait par exemple sentir l'odeur végétale et rassurante des tatamis. Cette histoire ( vraie) nous touche, nous bouleverse. Ainsi on ressent le cocon protecteur que peut être une maison et le côté sec, tranchant, de la solitude des deux protagonistes. Les dessins sont d'une grande sobriété. La matité des couleurs, la mise en scène des objets, tout est parfait.

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  • Le Daguet

    Stéphane Breyer

    Septembre 1756 : l'Europe est prête à s'embraser. La France, la Prusse, l'Angleterre, l'Autriche et la Russie s'arment pour s'affronter sur terre comme sur mer. La guerre menace de s'étendre aux colonies d'Amérique du Nord, des Caraïbes et des Indes... Hubert-Louis de la Ferrière est un jeune lieutenant de vénerie au service du roi Louis XV. Il va rapidement se trouver au centre d'une affaire de vol d'importants documents diplomatiques liés au renversement des alliances amorcé par la France et l'Autriche. Ce roman nous embarque dans les méandres de la diplomatie secrète du milieu du XVIIIème siècle. Ce faisant il nous fait ainsi déambuler dans les rues de Paris, Versailles, Fontainebleau, nous emmène à la chasse, à l'Opéra mais également dans des lieux pestilentiels et sordides. Stéphane Breyer y brosse le double portrait d'une France avec d'une part le roi, le faste, les intrigues, l'insouciance et l'hypocrisie des courtisans et d'autre part le petit peuple laborieux, affamé et résigné. Et c'est dans cette société qu'Hubert-Louis de la Ferrière, nom de code « Le Daguet » ( jeune cerf aux bois non ramifiés), va perdre bien plus que son innocence... Protéiforme, « Le Daguet », roman historique de cape et d'épée, policier, d'espionnage, rejoint sans nul doute la tradition du roman initiatique.
    Stéphane BREYER, Très jeune, il découvre l'univers du règne de Louis XV grâce aux aventures illustrées de Fanfan la Tulipe et d'Eric le Rouge. Pendant ses études d'ingénieur il apprend avec surprise que Maxwell n'est pas qu'une marque de café soluble. Il commence aussi à prendre plaisir à écrire grâce à son activité de pseudo-journaliste pour la feuille satirique de son école. Surtout, il passe le plus clair de son temps à imaginer des scénarios pour des jeux de rôle extrêmement subtils comme L'Appel de Chtulhu ou James Bond. Expert en systèmes de télécommunications mobiles, musicien approximatif, cavalier totalement improbable, plongeur sous-marin de surface, amateur de bonne chère et des films où apparaît Jason Statham - dont il loue la sobriété exemplaire - il se passionne pour les XVIIe et XVIIIe siècles français. Il part régulièrement avec ses chiens pour de longues promenades dans le parc du château de Versailles et les bois environnants. Il y laisse son esprit s'égarer avec les fantômes de ces lieux. Il se décide enfin, après bien des hésitations, à créer son personnage de vicomte veneur espion...

    Le Daguet

    Roman historique ayant pour cadre la cour de Louis XV à Versailles. Le personnage principal, Hubert-Louis de La Ferrière, s’occupe des chasses du roi mais il va être mêlé à une affaire de diplomatie secrète mettant en scène les grandes puissances de l’époque : Autriche, Prusse, Angleterre.

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  • Obia

    Colin Niel

    En ranimant les souvenirs de la guerre civile qui provoqua à la fin des années 1980 le passage de milliers de réfugiés sur les rives françaises du Maroni, Colin Niel nous plonge dans une Guyane qui voudrait tout oublier des spectres de cet oppressant passé. Alors qu'au Suriname les gros bonnets de la drogue ont remplacé les Jungle Commando, le destin de trois jeunes gens va se trouver pris dans le double piège des cartels de la cocaïne et des revenants d'une guérilla perdue.

    Une double aventure!

    Un récit qui se lit à 2 niveaux : celui de l’enquête policière elle-même, qui présente, de façon bien documentée, la mort de « mules », ces jeunes Guyanais qui utilisent leur corps pour faire passer de la drogue en Europe, souvent au péril de leur vie et les difficultés de la gendarmerie pour lutter contre ce trafic, aux mains de véritables cartels qui se moquent totalement du sort réservé aux mules. Mais aussi et surtout, celui de l’histoire contemporaine de la Guyane, qui prend ses racines dans un passé plus ancien, opposant les Noirs Marrons aux Créoles, opposant également le département français au Surinam voisin et qui rappelle l’effroyable guerre civile subie par ce pays dans les années 1980, après son indépendance et les conséquences de ce conflit. Enfin, les inégalités socio-économiques sont bien montrées (de façon beaucoup plus efficace que dans le livre de C Taubira).

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  • Lake success

    Gary Shteyngart

    À quarante-trois ans, Barry Cohen, New-Yorkais survolté à la tête d'un fonds spéculatif de 2,4 milliards de dollars est au bord du précipice. Sous le coup d'une enquête de la Commission boursière, accablé par la découverte de l'autisme de son jeune fils, il décide de tout lâcher pour embarquer dans un car Greyhound vers le Nouveau-Mexique. D'est en ouest défile un continent étranger : l'Amérique des marginaux et des déclassés. Tandis que sa femme Seema entame une liaison avec un romancier...

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    Lake success

    L’histoire de Barry Cohen, qui dirige à New York un fonds spéculatif sur le point de connaître la faillite et qui décide de quitter sa femme, Seema et son fils de 3 ans, atteint d’un autisme sévère. Il part retrouver son amour de jeunesse, Leyla, mais c’est en fait un prétexte pour parcourir une partie de l’Amérique en car Greyhound, il est donc immergé au milieu des pauvres. Une plongée déjantée dans l’Amérique profonde, ce qui n’empêche pas l’auteur de camper avec réalisme des portraits d’Américains suprématistes, de Noirs et de Latinos exclus en permanence dans un pays d’abord en pleine campagne électorale de 2016, puis projeté dans la victoire de Trump. Une écriture à la mesure d’un Etat-continent, un livre à la fois drôle et déprimant.

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  • Avant le repos

    Elena Gianini Belotti

    Italia Donati était une jeune femme, originaire de Cintolese, devenue institutrice à Porciano, petits villages de Toscane. Grâce à son intelligence et à son travail, elle a échappé à la pauvreté de sa famille paysanne, en essayant de s'émanciper, même si, au XIXe siècle, les femmes étaient toujours moralement et pratiquement dépendantes de l'homme. Arrivée à Porciano en septembre 1883, Italia Donati était pleine d'espoir et d'attentes pour sa première expérience professionnelle. Pourtant, en acceptant l'hospitalité du maire, qui l'avait recrutée comme enseignante, et auprès duquel elle pensait trouver le soutien et la protection dont une femme seule à cette époque avait encore besoin, elle n'avait pas conscience que cette proximité serait à l'origine d'une vague de calomnies infâmes, qu'elle ne parviendrait jamais à faire taire. Peu à peu submergée et complètement isolée, incapable de parvenir à rétablir sa réputation, elle perdit également l'estime de ses collègues et de ses élèves, qui en vinrent même à lui reprocher les turpitudes qu'elle n'avait pas commises.
    Alors, un matin de juin 1886, pour prouver son innocence et réhabiliter l'honneur perdu, Italia Donati écrivit une lettre et mit son tablier rouge...
    Cet événement fit la une des journaux de l'époque. Un célèbre article du Corriere della Sera eut pour titre « Comment meurent les institutrices ». Italia Donati devint ainsi une figure féminine emblématique de la fin du XIXe siècle et son cas s'est ajouté à la longue liste des cas des femmes dont l'émancipation tentait de s'opposer au système de la domination masculine.
    Est-il nécessaire de dire l'urgence de raconter une fois encore la vie d'une femme dont la fin n'est pas heureuse ; est-il utile de dire à quel point cette histoire est actuelle ; est-il indispensable de dire combien il est important de la faire connaître.

    Tragédie féministe au cœur de l'Italie

    L’auteure féministe raconte l’histoire tragique d’Italia Donati. Celle-ci, issue d’un milieu paysan très pauvre, réussit malgré tout à devenir institutrice dans l’Italie en construction des années 1880, qui vient de rendre la scolarisation obligatoire. Mais sa nomination dépend du maire, qui multiplie les aventures amoureuses et qui, en l’obligeant à se loger chez lui, la perd de réputation aux yeux des villageois. Ils se vengent ainsi de celle qui s’est élevée au dessus de sa condition, qui a le tort d’être une femme, jeune et belle, et qui leur enlève les enfants, source de travail aux champs. Rumeurs  puis calomnies de plus fortes et grossières détruisent Italia, qui finit par se suicider. Tout est intéressant dans ce récit, que ce soit bien sûr la fragilité des femmes, leur impossibilité à faire front commun contre les hommes (parmi les plus acharnés contre Italia, on trouve des femmes), mais aussi la grande pauvreté du monde paysan, alors qu’on se situe en Toscane, donc en Italie du Nord, pauvreté à la fois matérielle et culturelle, qui ne permet même pas à sa famille de la défendre. Un ton très juste, qui met bien en valeur l’empathie de l’auteure, mais sans pathos.

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  • Prix Goncourt des lycéens 2020.
    Finaliste du Prix Goncourt 2020.
    Prix Orange du livre en Afrique 2019.
    Prix de la meilleure auteure africaine 2019.

    Trois femmes, trois histoires, trois destins liés.

    Ce roman polyphonique retrace le destin de la jeune Ramla, arrachée a` son amour pour être mariée a` l'époux de Safira, tandis que Hindou, sa soeur, est contrainte d'épouser son cousin. Patience !

    C'est le seul et unique conseil qui leur est donne´ par leur entourage, puisqu'il est impensable d'aller contre la volonté d'Allah. Comme le dit le proverbe peul : « Au bout de la patience, il y a le ciel. » Mais le ciel peut devenir un enfer. Comment ces trois femmes impatientes parviendront-elles a` se libérer ?

    Mariage force´, viol conjugal, consensus et polygamie : ce roman de Djai¨li Amadou Amal brise les tabous en dénonçant la condition féminine au Sahel et nous livre un roman bouleversant sur la question universelle des violences faites aux femmes.

    Née en 1975 dans l'extrême nord du Cameroun, Djai¨li Amadou Amal est peule et musulmane. Mariée a` 17 ans, elle a connu tout ce qui fait la difficulté de la vie des femmes au Sahel. C'est une conteuse hors pair.


    « Un roman bouleversant racontant le destin de deux femmes du nord du Cameroun, peules musulmanes, à qui on n'assigne qu'une seule place : épouse soumise au mari désigné dès l'entrée dans la puberté. Amal sait pourtant que l'espoir, même infime, existe. Et cet espoir a un nom : éducation. » Source : PARIS MATCH.

    « Djaïli Amadou Amal est une conteuse qui, tout en laissant se poser la voix de ses personnages, fait tout autant entendre la sienne, en murmure subtil. » Source : LE POINT.

    Un roman polyphonique sur le maltraitance

    Ce roman court et facile à lire nous fait entendre trois voix, celle de trois épouses découvrant la polygamie dans le nord du Cameroun : deux jeunes filles entrant dans un foyer où les attendent une ou plusieurs autres épouses ; une première épouse forcée d’accueillir la nouvelle épouse choisie par son mari. L’auteure connaît ces réalités, pour les avoir elle-même vécues : elle choisit de donner une voix à ces femmes qu’on fait taire, et qui se taisent, soumises à une tradition patriarcale modelant les rapports humains selon le principe de la primauté donnée au groupe sur l’individu, et aux hommes sur les femmes. Ces trois femmes aspirent au bonheur : mais l’égoïsme masculin, associé à la lâcheté et au déni des hommes, les enferme dans une impasse. Maigre consolation offerte par la tradition : un éloge systématique de la patience, dont l’auteur dénonce l’hypocrisie, en révélant ses conséquences dévastatrices. Ce roman, est un vrai choc, non par son style, tout en retenue et en pudeur, mais par les attitudes et les propos décrits. Ce récit plein d’empathie pour les femmes du Nord-Cameroun est un plaidoyer pour l’éducation, clé de l’émancipation féminine, fût-ce au prix d’une rébellion condamnant à la solitude. C’est aussi un cri d’admiration envers ces femmes qui endurent un quotidien sans perspective, à force de courage et de résignation. L’auteure leur rend justice, expliquant la dureté et les mesquineries par un conditionnement collectif et une préoccupation constante de sécurité. Djaïli Amadou Amal signe une critique sans appel de l’immobilisme, de la soumission et de l’enfermement des femmes au nom de la tradition. Son livre dessine trois belles figures de femmes face à leur destin. Les lycéens lui on décerné leur prix Goncourt : ils ne se sont pas trompés.  

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