Eric Fournier

  • Aujourd'hui analysée par les historiens comme un singulier crépuscule des révolutions du xixe siècle, la Commune de Paris fut longtemps considérée comme l'aurore des révolutions du xxe siècle, comme une lutte à poursuivre. Cet essai se penche sur les usages politiques des mémoires de cet événement tragique dont la complexité même favorise une grande plasticité mémorielle. Et chacun investit cet événement fascinant de ses propres attentes, étroitement liées aux enjeux politiques du temps. Les mémoires de la Commune sont plurielles et conflictuelles.

  • Après la Commune, l'évidence du citoyen insurgé exerçant sa souveraineté fusil à la main ne disparaît pas totalement mais se transforme. L'arme devient un sphinx des mouvements révolutionnaires, surgissant dans les discours ou lors des actions, perpétuant en mode mineur la démocratie directe de la république de 1792. Puis, dans le monde communiste, l'arme devient un spectre. Perpétuellement invoquées, elles peinent à se matérialiser hors de l'autodéfense antifasciste, tant elles sont des objets indisciplinants, incompatibles avec l'exigence kominternienne. L'adieu aux armes, l'illégitimité de leur présence en politique, s'opère après les grèves de 1948, où leur présence en temps de paix est sans équivalent depuis 1871. Disparaît alors un rapport révolutionnaire aux armes né en 1789.

  • a la fin du xixe siècle, les abattoirs de la villette fascinent les antisémites en quête d'une base populaire conforme à leur idée de la france.
    le marquis de morès, paladin pégriot, puis jules guérin, agitateur vénal, transforment les plus violents des bouchers en troupes de choc nationalistes. car l'affaire dreyfus s'est aussi déroulée dans la rue, où les puissantes bandes antidreyfusardes entretiennent un climat d'agitation permanente. a ce jeu, ceux de la villette fascinent ou effraient. ils sont pourtant tournés en ridicule par leurs plus dangereux adversaires, les anarchistes de sébastien faure.
    avec ces vaniteux bouchers, spécialistes du sang et de l'esbroufe, nous pénétrons au coeur de l'agitation antisémite, dans sa réalité et ses coulisses, où l'ignoble côtoie le grotesque.

  • Au XIXe siècle, à trois reprises - lors des chantiers haussmanniens, des bombardements prussiens de 1870, puis de la Commune - Paris se couvre de ruines. A partir d'archives et de témoignages, Eric Fournier retrace avec précision les violences infligées à la cité, et les bouleversements qu'elles impliquèrent dans la sensibilité de ses habitants. En rapprochant les grands travaux impériaux du sombre projet prêté aux communards - anéantir la capitale -, il met en lumière le lien qui unit le désir de contrôler la ville au besoin de la détruire. Il s'attache à comprendre comment le peuple de Paris, qu'il soit acteur ou spectateur, vécut l'intensité des chocs successifs, la disparition de son cadre de vie ou le remaniement brutal de sa géographie mentale. Il étudie enfin l'apparition, sur les pierres encore fumantes, d'un étonnant tourisme des ruines largement commenté par de véritables Guides. Dans cet ouvrage original, décrivant les ravages que provoquèrent alors la démesure des rénovations, puis l'explosion des obus, les incendies et les combats de rue, Eric Fournier se fait ainsi l'historien des Parisiens traumatisés par le surgissement et l'amoncellement des décombres au coeur de leur cité.

  • Créée par le romantisme, puis investie des attentes fin de siècle, encore présente lors de la Shoah, la "belle Juive" - une invention d'hommes non juifs - est une figure porteuse d'altérités enchevêtrées : l'Orient, les Juifs, les femmes.
    Fascinante et mouvante, elle est autant un archétype partagé qu'un champ d'affrontement capable d'exprimer une féminité sublime, les tensions entre genres, un antisémitisme fanatique ou encore un philosémitisme ambigu. La "belle Juive" est avant tout une figure imaginaire mais elle peut agir sur des êtres de chair. Quelle est son influence sur les Juives de France, de la prostituée anonyme aux Stars d'exception, telle Sarah Bernhardt ? Cette figure dit la beauté du monde et la violence du temps ; la quête d'un idéal esthétique et les épreuves vécues par des femmes.

  • Pour tous les jeunes et pour tous les parents, l'orientation est source d'anxiété, alors que son objectif est de permettre à chacun de s'épanouir dans une formation, dans un métier, et dans la vie.Or, une immense opportunité est offerte à tous, celle du numérique.
    Il y a dix ans, Eric et Anne Fournier ont lancé le concours Je filme le metier qui me plaît, un concours pédagogique pour aider les jeunes à découvrir les métiers en réalisant des vidéos et en les diffusant sur Internet.
    Dix ans, c'est l'occasion de donner la parole aux candidats qui ont déposé leurs témoignages sur le site www.jefilmelemetierquimeplait.tv, et ainsi de faire un premier bilan. Ils sont unanimes : « vivre l'expérience, c'est avoir quelque chose en plus... ».

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