Coups de coeur

  • Hantée par des rêves de chevaux fous aux prénoms familiers, poursuivie par la question que sa fille pose à tout propos - « Elle est où, la maman ? » -, Marie vit un étrange été, à la croisée des chemins. Quand, sur le socle d'une statue de la Vierge au milieu du causse, elle découvre l'inscription Et à l'heure de notre ultime naissance, elle décide d'en explorer la mystérieuse invitation.
    Dès lors, elle tente de démêler l'écheveau de son héritage. En savoir plus sur ses aïeules qui, depuis le mitan du XIXe siècle, ont donné naissance à des petites filles sans être mariées, et ont subsisté souvent grâce à des travaux d'aiguille, devient pour elle une impérieuse nécessité.
    Elle interroge ses tantes et sa mère, qui en disent peu ; elle fouille les archives, les tableaux, les textes religieux et adresse, au fil de son enquête, quantité de questions à un réseau de femmes, historiennes, juristes, artistes, que l'on voit se constituer sous nos yeux. Bien au-delà du cercle intime, sa recherche met à jour de puissantes destinées. À partir des vies minuscules de ses ascendantes, et s'attachant aux plus émouvants des détails, Marie imagine et raconte ce qu'ont dû traverser ces « filles-mères », ces « ventres maudits » que la société a malmenés, conspués et mis à l'écart.
    À fréquenter tisserandes et couturières, à admirer les trésors humbles de leurs productions, leur courage et leur volonté de vivre, la narratrice découvre qu'il lui suffit de croiser fil de trame et fil de chaîne pour rester ce cheval fou dont elle rêve et être mère à son tour.
    Car le motif têtu de ce troublant roman, écrit comme un pudique hommage à une longue et belle généalogie féminine, est bien celui de la liberté, conquise en héritage, de choisir comment tisser la toile de sa propre destinée.

    Un livre qui brode un beau motif féminin

    Ce récit intime commence par un malaise : en vacances avec sa fille, Marie, la narratrice, est envahie par des rêves étranges et poursuivie par des souvenirs angoissants. Sa fille, étrangement, ponctue chaque observation de plante ou d’animal par une même question : « où est sa maman ? » Comme en contrepoint, la narratrice est bouleversée au détour d’un chemin par une statue de la Vierge à l’inscription énigmatique. Cette rencontre cristallise des mouvements intérieurs profonds, et lance la narratrice dans une recherche autour de la maternité.

    Entre énigme à résoudre et quête personnelle, Marie nous fait partager son enquête sur le passé des femmes de sa famille. Il s’agit dès lors de tirer des fils et de les entrecroiser pour tisser l’histoire singulière de filles-mères sur plusieurs générations.

    Le récit progresse par fragments qui restituent les associations d’idées troublantes, les interrogations touchantes et les progrès aléatoires de cette recherche. La documentation historique rassemblée par Marie effleure la condition des filles-mères du XIXème au XXème siècle : les froids hospices de Reims, l’état-civil particulier des enfants abandonnés, ou reconnus in extremis par leurs mères. De longues conversations entre la narratrice et les femmes de la famille complètent ces détails, et donnent un tour intime au récit, esquissant la figure d’une grand-mère et d’une arrière-grand-mère rebelles. Plus intimement, Marie explore ses propres fragilités, en exprimant ses interrogations symboliques, spirituelles ou psychanalytiques – notamment autour du sens de son prénom.

    Le récit coud entre eux les indices glanés au fil de cette recherche, pour, comme dans un patchwork, constituer la trame unifiée d’une vie riche de sens. Les silences et les ombres des débuts cèdent la place progressivement à une histoire, à un récit dans lequel plusieurs figures féminines prennent leur place – même si des mystères demeurent. A la fin du récit, la narratrice aura trouvé sa place dans cette lignée de mères, et trouvé la paix. La découverte de son histoire familiale lui aura permis de s’affirmer, forte, pleine de vie, et donneuse de vie. Un roman touchant, qui souligne la complexité  de la condition féminine et de la maternité, et interroge le poids d’un héritage familial inconscient ou passé sous silence, sur l’identité des jeunes générations.

    Librairie Le Livre Bleu

  • plasmas

    Céline Minard

    • Rivages
    • 18 Août 2021

    Céline Minard nous plonge dans un univers renversant, où les espèces et les genres s'enchevêtrent, le réel et le virtuel communiquent par des fils ténus et invisibles. Qu'elle décrive les mesures sensorielles effectuées sur des acrobates dans un monde post-humain, la conservation de la mémoire de la Terre après son extinction, la chute d'un parallélépipède d'aluminium tombé des étoiles et du futur à travers un couloir du temps, ou bien encore la création accidentelle d'un monstre génétique dans une écurie de chevaux sibérienne, l'auteure dessine le tableau d'une fascinante cosmo-vision, dont les recombinaisons infinies forment un jeu permanent de métamorphoses. Fidèle à sa poétique des frontières, elle invente, ce faisant, un genre littéraire, forme éclatée et renouvelée du livre-monde.

    Ultime plaisir

    Ce titre intriguant annonce la couleur : il sera question de vivre, voire de survivre, et cette vie ou cette survie impliqueront des changements profonds de la matière. Changements profonds, car les personnages semblent tous évoluer dans un décor de fin du monde, de déclin des ressources, dans une ambiance tantôt proche de la science-fiction, tantôt proche du merveilleux. Science-fiction, quand les trois trapézistes du premier chapitre sont observés par des « Bjorgs » fascinés par leurs mouvements, défis à la pesanteur décrits avec une intensité et une urgence palpables. Science-fiction encore, quand des étudiants suivent un cours sur l’histoire du déclin, puis de l’abandon de la Terre par les hommes, partis s’installer ailleurs dans l’Univers. Merveilleux aussi, dans l’évocation de ces jeunes êtres aux qualités à la fois humaines et animales, fruits d’une évolution leur permettant de s’adapter à de nouvelles conditions de vie. Mais entre ces deux pôles se situent bien d’autres nuances. Les chapitres de ce roman sont en effet autant d’univers différents : chaque ouverture est une surprise, une direction nouvelle, une ambiance imprévue. Le plaisir des contrastes, de la variété, est intense, et la poésie de certains chapitres, hypnotique. Tous ces petits récits interrogent : comment vivre ? Comment l’homme interagit-il avec la nature ? Et finalement, qu’est-ce qu’une vie humaine dans l’immense flot du temps ? On peut se demander s’il faut lire le roman comme une évasion fantaisiste, comme une parabole sur l’évolution, ou comme une fable écologiste. Et c’est un des plaisirs de ce roman que de procurer une lecture qui ne donne pas toutes les réponses – quitte à nous imposer la frustration de fin de chapitres abruptes, qui laissent l’action en suspens, suggérant sans raconter, nous laissant dans l’impatience et l’urgence de qui voudrait savoir, mais doit se contenter d’imaginer – ultime plaisir…

    Librairie Le Livre Bleu

  • Un beau matin, au petit-déjeuner, Remington fait une annonce tonitruante à son épouse Renata : cette année, il courra un marathon. Tiens donc ? Ce sexagénaire certes encore fringant mais pour qui l'exercice s'est longtemps résumé à faire les quelques pas qui le séparaient de sa voiture mettrait à profit sa retraite anticipée pour se mettre enfin au sport ? Belle ambition ! D'autant plus ironique que dans le couple, le plus sportif des deux a toujours été Renata jusqu'à ce que des problèmes de genoux ne l'obligent à la sédentarité.
    Qu'à cela ne tienne, c'est certainement juste une passade.
    Sauf que contre toute attente, Remington s'accroche. Mieux, Remington y prend goût. Les week-ends sont désormais consacrés à l'entraînement, sous la houlette de Bambi, la très sexy et très autoritaire coach. Et quand Remington commence à envisager très sérieusement de participer à un Iron Man, Renata réalise que son mari, jadis débonnaire et volontiers empoté, a laissé place à un être arrogant et impitoyable. Face à cette fuite en avant sportive, leur couple résistera-t-il ?

  • « Pour Clarisse, le bonheur n'existait pas dans la durée et la continuité (cela, c'était le mien), mais dans le fragment, sous forme de pépite qui brillait d'un éclat singulier, même si cet éclat précédait la chute. » Deux femmes : Clarisse, ogre de vie, grande amoureuse et passionnée de l'Asie, porte en elle depuis l'origine une faille qui annonce le désastre ; Ève balance entre raison et déraison, tout en développant avec son mari une relation profonde et stable. L'une habite Paris, l'autre New York. À leur insu, un lien mystérieux les unit.
    À travers l'entrelacement de leurs destinées, ce roman intense dresse la fresque d'une époque, des années quatre-vingt à nos jours, et interroge le rapport des femmes au corps et au désir, à l'amour, à la maternité, au vieillissement et au bonheur.

  • L'ouvrage met principalement en scène trois personnages dont les vies vont être amenées à se croiser : le narrateur, un écrivain, un criminel.
    Étudiant durant les années 1980, le narrateur vit dans un studio, que lui a acheté son père, situé passage de l'Union dans le VIIe arrondissement de Paris. Un soir, il se sent observé par quelqu'un dont on comprendra qu'il s'agit de Patrick Modiano. Il le croise à plusieurs reprises, lui parle et commence à lire ses livres. Sans se l'expliquer, il se reconnaît dans son imaginaire romanesque. Néanmoins les années passent, le narrateur devient avocat et les deux hommes se perdent de vue.
    Au cours d'un procès d'assises, le narrateur défend un homme dont le crime s'explique par un lointain passé : une soeur ayant disparu durant la seconde guerre mondiale dans les mêmes circonstances que la Dora Bruder de Modiano. Il se trouve que l'écrivain assiste au procès et accepte d'aider le narrateur à retrouver la trace de cette mystérieuse soeur...
    Cette quête commune amène les deux hommes à basculer dans le Paris les années 40. Ils sont reçus par des individus douteux dans un appartement situé près du studio du passage de l'Union, dont l'écrivain apprend au narrateur qu'il fut, durant la guerre, le siège des sombres trafics d'un ferrailleur de sinistre mémoire, le fameux « Monsieur Joseph »...
    Ce roman met en abîme la dette que nous contractons à l'égard d'un passé trouble et tu. Il constitue aussi un hommage à la littérature. Les écrivains ne sont-ils pas des passeurs dont les oeuvres nous permettent de répondre aux questions les plus intimes, et parfois les plus douloureuses, que nous nous posons ?

    Une quête d'une vérité intime, simple et élégante

    Trois personnages : le narrateur, d’abord étudiant qui vit dans un studio passage de l’Union dans le VIIème arrondissement ; un écrivain, qui entre en contact avec lui et dont on comprend qu’il s’agit de Modiano ; et un criminel qu’il est appelé à défendre des années plus tard car il est devenu avocat. Ce criminel a tué, en souvenir de sa sœur qui a disparu pendant la seconde guerre mondiale. A partir de là, le récit emmène dans le Paris de l’Occupation, les trafics en tout genre et les compromissions, voire les alliances avec les nazis. Le narrateur est alors contraint de se poser des questions sur sa propre famille et il apprend que certains de ses membres ont participé à la collaboration : sa quête l’entraine vers Versailles, « ville humide et catholique ». Une écriture très élégante, qui se glisse à merveille dans celle de Modiano, en ce sens un bel hommage à la littérature. Une recherche du passé qui n’est volontairement pas complétement aboutie car le mystère reste au cœur du récit, ce qui lui donne une grande délicatesse.

    Librairie Le Livre Bleu

  • A quoi ressemble une vie ?

    Pour la narratrice, à une déclaration d'amour entre deux enfants de quatre ans, pendant une classe de musique.

    Ou à leur rencontre en plein hiver, quarante ans plus tard, dans une rue de Paris.

    On pourrait aussi évoquer un rock'n'roll acrobatique, la mort d'une mère, une exposition d'art contemporain, un mariage pour rire, une journée d'été à la campagne ou la vie secrète d'un gigolo.

    Ces scènes - et bien d'autres encore - sont les images où viennent s'inscrire les moments d'une existence qui, sans eux, serait irrévocablement vouée à l'oubli.

    Car tout ce qui n'est pas écrit disparaît.

    Conjurer l'oubli : tel nous apparaît l'un des sens de ce roman animé d'une extraordinaire vitalité, alternant chutes et rebonds, effondrements et triomphes, mélancolie et exaltation.

    Oeuvre majeure d'une romancière passionnée par l'invention des formes, L'Eternel Fiancé confirme son exceptionnel talent : celui d'une auteure qui a juré de nous émerveiller - et de nous inquiéter - en proposant à notre regard un monde en perpétuel désaccord.

  • L'histoire se déroule durant la Guerre Froide, au fond du désert sud-australien, dans le bush sauvage, là où le futur d'une nation est en train de se jouer... au détriment de son peuple.
    Une base anglaise, au milieu de nulle part ; des tests sur les armes atomiques ; une armée de jeunes menée par un homme ambitieux : un cocktail désastreux.
    Nous sommes à Maralinga, au printemps 1956, terre des Aborigènes depuis 40 000 ans. Mais plus pour très longtemps...
    Le lieutenant anglais Daniel Gardiner vient d'accepter un poste d'un an dans le sud de l'Australie, en échange d'une promotion rapide. Il va travailler avec Harold Dartleigh, Directeur du MI-6, et son agent sous couverture Gideon Melbray, mais aussi avec le colonel australien Nick Stratton et l'énigmatique Petraeus Mitchell, anthropologiste. Mais dans ce territoire isolé et violent, infecté par la folie et l'excitation provoquées par les tests nucléaires, qui paraissent une grande avancée à l'époque, les tensions sont fortes...
    Daniel va décéder dans de mystérieuses circonstances.
    Sa fiancée, la journaliste Elizabeth Hoffmann, va traverser la moitié de la Terre pour aller sur les lieux du drame, et essayer de découvrir ce qui se trame làbas.

    Un roman historique pour partir en Australie

    Le lieutenant Daniel Gordimer part pour une mission d’un an dans le sud de l’Australie, en laissant sa fiancée Elizabeth en Angleterre car la base n’accepte pas les femmes. Les Britanniques y font des expérimentations nucléaires dans une région en principe vide d’hommes mais où vivent quelques Aborigènes nomades, dont certains sont tués par les radiations. Daniel meurt dans des circonstances troublantes et sa fiancée, qui est aussi journaliste, part pour enquêter en Australie : elle y découvre de lourdes et douloureuses vérités sur fond de guerre froide et d’espionnage en faveur des Soviétiques. Un épisode très intéressant et méconnu, bien documenté sur le plan historique. Un récit très prenant évoquant bien à la fois la culture du secret cultivée par les services secrets et l’armée ici britanniques, la place des femmes dans la société des années 1950.

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  • em

    Kim Thúy

    La vérité de cette histoire est morcelée, incomplète, inachevée dans le temps et dans l'espace. Elle passe par les colons implantés en Indochine pour y exploiter les terres et les forêts. Par les hévéas transplantés et incisés afin de produire l'indispensable caoutchouc. Par le sang et les larmes versés par les coolies qui saignaient les troncs. Par la guerre appelée «du Vietnam» par les uns et «américaine» par les autres. Par les enfants métis arrachés a` Saigon par un aigle volant avant d'être adoptés sur un autre continent. C'est une histoire d'amour qui débute entre deux êtres que tout sépare et se termine entre deux êtres que tout réunit; une histoire de solidarité aussi, qui voit des enfants abandonnés dormir dans des cartons et des salons de manucure fleurir dans le monde entier, tenus par d'anciens boat people.
    Avec ce livre, Kim Thu´y nous découvre, au-delà des déchirements, l'inoubliable pays en forme de S qu'elle a quitté en 1975 sur un bateau.

    EM...un cri

    Comment vous convaincre de lire ce qui restera en vous comme un cri et qu'elle Kim Thúy vous souffle comme un murmure avec douceur et poésie. Chaque chapitre est un flash, un poème, parfaitement illustré en couverture par l'œuvre de Louis Boudreault . Les fils de la vie, de la mémoire. On se souvient des événements , dans les documentaires, les témoignages. Sur le toit de l'ambassade là-bas au Vietnam, ceux qui espèrent encore, jusqu'au bout le bruit des hélicoptères alors que la nuit tombe, que l'on vienne les chercher, les sauver. Aussi on sait " l'agent orange " qui détruit les cultures, les vies de ce pays de soleil et d'eau. La guerre du Vietnam, celle des américains. Et la beauté aussi, un soldat hissant dans les airs, au-dessus de l'enfer, une enfant aux cheveux si noirs . Et tout le coeur que met Kim Thúy à nous raconter son pays et le courage en 1975 de ceux qu'on appelait les boat people. Le plus beau livre que j'ai lu depuis longtemps.

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  • À dix-sept ans, Jacqueline Fleury-Marié s'engage contre l'occupant nazi dans les réseaux Défense de la France puis Mithridate, comme ses parents et son frère. Distribution de journaux et de tracts, transport de messages, recherche de caches... elle effectue de nombreuses missions de liaison et de renseignement - jusqu'à recopier une partie des plans du mur de l'Atlantique. Elle est arrêtée et emprisonnée à Fresnes, torturée par la Gestapo, parquée dans un train de déportation, connaît l'horreur de Ravensbrück, puis l'enfer des marches de la mort... Dont elle revient, brisée mais vivante.
    Sur les 1 038 résistants élevés Compagnons de la Libération par le général de Gaulle, seulement six sont des femmes - un chiffre qui est loin de représenter leur réelle part à cette lutte clandestine. À quatre-vingt-quinze ans, Jacqueline Fleury-Marié livre un témoignage exceptionnel et rend hommage à toutes ses compagnes, héroïnes souvent inconnues, qui se sont sacrifiées pour leur patrie, pour la liberté et dont les visages continuent de la hanter.
    Pour que l'Histoire ne les efface pas. Et que les valeurs qui ont porté leur combat éclairent notre époque.

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    Résiter à l'indifférence et la solitude: un combat d'hier et d'aujourd'hui

    À 17 ans elle a tous les courages. Elle traverse Versailles la nuit tombée, sa sacoche bourrée de tracts et de journaux clandestins. Avec ses camarades elle recopie les plans du mur de l'Atlantique dans l'arrière cuisine d'un restaurant place du marché. Il y a de nombreuses casernes à Versailles et les allemands sont partout. Mais elle risque sa vie pour la liberté, La défense des plus faibles, comme une évidence, elle est résistante. Elle a appris à ne plus pleurer mais les cauchemars hantent toujours ses nuits. La torture, La gestapo, les cris. Et puis quand elle regarde un enfant, elle se souvient des yeux des enfants de Ravensbrück . Aujourd'hui à la sortie du livre, elle a 95 ans , c'est une femme discrète, souriante, à la voix douce, une femme de culture. Elle nous raconte son histoire et celle de ses sœurs de combat. Simplement elle nous dit, ne nous oubliez pas et faites que ce combat, cette solidarité, dans notre monde aujourd'hui de solitude, d'indifférence, n'est pas été vain. Elle est résistante.

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  • L'odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.
    1915, non loin d'Erzeroum, en Arménie turque. Araxie, dix ans, et sa petite soeur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs. Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leur laissant la vie sauve.
    Jusqu'à ce que l'Histoire, à nouveau, les précipite dans la tourmente. Séparées, propulsées chacune à un bout du monde, Araxie et Haïganouch survivront-elles aux guerres et aux trahisons de ce siècle cruel ? Trouveront-elles enfin la paix et un refuge, aussi fragile soit-il ?
    C'est autour de l'enfance romancée de sa propre grand-mère que Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, a construit cette inoubliable saga historique et familiale. Un roman plein d'humanité où souffle le vent furieux de l'Histoire, une galerie de personnages avides de survivre à la folie des hommes, et le portrait poignant des enfants de la diaspora arménienne.

    L’odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.

    1915 : Erzeroum, Arménie, deux jeunes sœurs se trouvent plongées dans le génocide qui débute : la première scène est saisissante, encore plus quand on sait que l’auteur utilise en fait en partie les souvenirs de sa grand-mère. Témoins des massacres, elles parviennent à survivre, achetées d’abord comme esclaves par une famille turque. Puis elles vont être séparées : l’une, la plus grande, finit par émigrer en France après un certain temps et s’inscrit dans la diaspora arménienne. L’autre est emportée dans la révolution bolchevique, puis la terreur stalinienne. Une épopée familiale dont le récit s’arrête en 1939 ; on a vraiment le sentiment qu’il ne peut s’agir que du premier volet de cette saga, qui sait aussi mettre en valeur le contexte historique, politique, dans lequel les grandes puissances n’ont pas vraiment le beau rôle.

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  • Saint-Nazaire, ses chantiers navals, une forêt de silos et de grues, les marais et l'océan à perte de vue, un pont entre deux rives. Pour Franck Rivière, 21 ans, jeune espoir du football local, des rêves plein la tête, c'est aussi la fin du voyage : une chute de 68 mètres et son corps glacé repêché au petit matin.
    Tandis que le capitaine Marc Ferré doute de ce suicide, Julia, la soeur de Franck, brillante avocate « montée » à Paris, se heurte aux vérités d'une ville qui cache mal sa misère, ses magouilles et son pouvoir secret : que le bizness paie peut-être plus que le ballon rond, que Saint-Nazaire ne l'a jamais quittée, et qu'on n'enterre pas aussi facilement un amour d'adolescence.
    Roman d'atmosphère, peinture sociale saisissante d'une région déchirée, Sur l'autre rive est un récit aussi noir que sensible où se déploient la puissance romanesque et le style percutant d'Emmanuel Grand, l'auteur de Terminus Belz et des Salauds devront payer.

    Policier bien ficelé sur trame provinciale

    Franck, jeune footballeur de 21 ans, se suicide du pont de Saint-Nazaire. Julia, sa sœur qui vit à Paris et n’a plus aucun contact avec ses parents (un père alcoolique, une mère sans volonté) revient pour l’enterrement de ce frère presque oublié. Elle y retrouve le policier chargé de l’enquête, Marc, un de ses petits amis du lycée et ensemble, ils vont comprendre peu à peu que c’est en fait un meurtre. Au delà de cette trame policière, déjà très bien menée avec une grande vivacité, l’auteur aborde également, par touches feutrées, les trafics d’une ville de province, les rancoeurs familiales, la distance en fait infranchissable entre enfants de bourgeois et d’ouvriers, sans jamais tomber dans le cliché, les mauvais choix qui débouchent sur la mort, la difficulté pour les parents de prendre la meilleure décision pour leurs enfants. Une multitude de directions pour cette histoire qu’on lit d’une traite.

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  • komodo

    David Vann

    Sur l'invitation de son frère aîné Roy, Tracy quitte la Californie et rejoint l'île de Komodo, en Indonésie. Pour elle, délaissée par son mari et épuisée par leurs jeunes jumeaux, ce voyage exotique laisse espérer des vacances paradisiaques : une semaine de plongée en compagnie de requins et de raies manta. C'est aussi l'occasion de renouer avec Roy, qui mène une vie chaotique depuis son divorce et s'est éloigné de sa famille. Mais, très vite, la tension monte et Tracy perd pied, submergée par une vague de souvenirs, de rancoeurs et de reproches. Dès lors, un duel s'engage entre eux, et chaque nouvelle immersion dans un monde sous-marin fascinant entraîne une descente de plus en plus violente à l'intérieur d'elle-même, jusqu'à atteindre un point de non-retour.

    Komodo

    L’île indonésienne est le cadre des retrouvailles familiales entre Tracy, sa mère et son frère, qu’elles sont venues rejoindre pour un séjour de plongée. Mais ce qui pourrait être une semaine joyeuse et centrée sur la découverte des fonds marins est en fait un huis clos presque en apnée parfois et plein de violence entre le frère et la sœur, avec la mère censée être l’arbitre, mais penchant en faveur de son fils. Tracy est mère de jumeaux, elle ne travaille plus, elle ne supporte plus les contraintes de la maternité, alors que son mari ne l’aide pas du tout. Elle arrive donc sur l’île emplie de colère, avec une violence qui affleure en permanence jusqu’à la menace de la catastrophe, face à un frère à qui elle reproche son insouciance et sa liberté.

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  • Pour que Jim, chauffeur Uber de soixante ans, voie la vie du bon côté, que faudrait-il? Une petite cure d'antidépresseurs? Non, c'est plus grave, docteur. De l'argent? Jim en a suffisamment. Au fond, ce qu'il veut, c'est qu'on lui fiche la paix dans ce monde déglingué. Et avoir affaire le moins possible a` son prochain, voire pas du tout. Alors, quand sa nouvelle voisine, flanquée d'un mari militaire et d'un fils de quatre ans, lui adresse la parole, un grain de sable se glisse dans les rouages bien huilés de sa vie solitaire et monotone. De quoi faire exploser son quota de relations sociales...
    En entremêlant les destins de ses personnages dans un roman plein de surprises, Levison donne le meilleur de lui-même, et nous livre sa vision du monde, drôle et désabusée.

    Un voisin trop discret

    L’histoire d’un personnage à première vue bien tranquille, Jim, qui cherche à éviter les contacts avec ses voisins, mais qui va accepter de venir en aide à sa voisine, Corina, femme d’un militaire engagé en Afghanistan. Celui-ci a croisé en mission l’autre couple du récit qui s’est créé comme paravent à l’homosexualité du mari, Kyle. A partir de cette situation, qui semble assez ordinaire, l’auteur sait mêler les destins, les entrecroiser et surtout montrer que les personnages ne sont pas ce qu’ils paraissent être. Le plus fouillé est Jim, qui n’est en rien un chauffeur Uber misanthrope. Rien n’est laissé au hasard, jusqu’à la fin qui permet de voir la frontière ténue entre mensonge et honnêteté. Donc, le destin de gens ordinaires mis en scène de façon très convaincante, et en même temps, Levinson égratigne au passage l’armée américaine qui ne supporte pas l’homosexualité dans ses rangs, qui ne se préoccupe pas de l’état psychologique de ses soldats revenant du théâtre des opérations, sauf pour leur faire un enterrement patriotique. Le tout porté par une écriture remarquable.

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  • Sur l'ïle de Vancouver, se dresse un hôtel aux murs de verre, seulement accessible par la mer. Il est fréquenté par une clientèle exclusive qui veut rompre avec "la civilisation connectée". Là, pas de wifi, pas de portable, on est au bout du monde.  Paul, aspirant compositeur, et sa soeur Vincent, vidéaste amateure, travaillent tous à l'hôtel Caiette. Un soir, alors qu'on attend l'arrivée du milliardaire new-yorkais Jonathan Alkaitis, le gérant découvre avec horreur un tag gravé sur l'une des parois transparentes: "Et si vous avaliez du verre brisé?" Qui est l'auteur de ce graffiti menaçant? Est-il destiné à quelqu'un?  Dans ce havre de luxe, des gens se croisent, des destins se font et se défont. A l'hôtel Caiette, mais aussi à Vancouver et à New York, des vies vont prendre un tour imprévu et souvent dramatique. Comme un papillon au Brésil peut causer une tempête au Texas, un verre au bar de l'hôtel Caiette peut ruiner une existence... 

    L'Hotel de Verre

    Une femme basculant dans l’océan ; un étudiant indécis errant dans la nuit, dix ans plus tôt ; un graffiti d’une ironie menaçante sur la vitre d’un hôtel luxueux au bord de l’eau, quinze ans plus tard… Autant d’éclats de récit qui composent progressivement une histoire autour du charismatique milliardaire Jonathan Alkaitis aux investissements trop rentables pour être honnêtes, et de sa jeune compagne Vincent au prénom étrange. Ce roman nous invite à nous perdre dans un puzzle intriguant, donnant au lecteur l’impression d’être prisonnier d’un labyrinthe aux multiples détours, ceux de la vie des différents personnages. Ces vies se dévoilent l’une après l’autre sans transition, et d’abord sans logique apparente. Puis un fil se tisse, d’abord ténu, parfois interrompu, puis plus net quand les liens entre les différents personnages se nouent au cœur du piège financier imaginé par Alkaitis, pyramide de verre dont la transparence trompeuse dissimulerait une vitre sans tain. Et ce fil nous guide vers la catastrophe. Car le cœur de ce montage financier est vide, et aspire les personnages dans son vertige. Vertige de quêtes sans fin. Vertige d’existences suspendues au bord du gouffre. Vertige de vies dérisoires, qu’un rien peut faire basculer en un instant. Vertige des rêves que poursuivent les personnages – réussite, argent, bonheur. Autour d’une escroquerie à la Madoff, c’est une sorte de kaléidoscope que nous offre l’auteure - un kaléidoscope fêlé, désenchanté. Le rêve est évanescent et insaisissable ; le bonheur est éphémère et teinté de culpabilité. Et les personnages sont entraînés par la vie comme par les eaux de cet océan qui baignent le début et la fin du roman.

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  • l'eau rouge

    Jurica Pavicic

    • Agullo
    • 11 Mars 2021

    Dans un bourg de la côte dalmate, en Croatie, Silva, une jeune fille de 17 ans, disparaît à l'occasion de la fête des pêcheurs. Nous sommes un samedi de septembre 1989, dans la Yougoslavie agonisante. L'enquête policière menée par l'inspecteur Gorki Šain fait émerger un portrait de Silva plus complexe que ne le croyait sa famille : celui d'une lycéenne scolarisée à Split, la capitale dalmate, touchant à la drogue et revendant de l'héroïne pour le compte d'un dealer nommé Cvitko. Et puis il y a ce témoin de dernière minute, qui prétend avoir vu Silva, le lendemain matin de sa disparition, prenant un billet de car pour l'étranger... Mais l'Histoire est en marche, le régime de Tito s'effondre, et le nouveau pouvoir lance une chasse aux sorcières qui n'épargne pas les forces de l'ordre : l'inspecteur Gorki Šain est poussé à la démission et l'affaire, classée. Seule la famille de Silva poursuit obstinément les recherches...
    À travers ce drame intime, L'Eau rouge déploie dans une grande fresque les bouleversements de la société croate : chute du communisme, guerre de 1991 à 1995, effondrement de l'économie et de l'industrie, statut des vétérans de guerre, explosion de l'industrie touristique et spéculation foncière, investissements étrangers et corruption... Ou comment les traumatismes de l'Histoire forgent les destins individuels.

    L'eau Rouge

    Croatie, 1989. Silva, 17 ans, disparaît. Dans la petite ville de pêcheurs où elle a grandi, c’est d’abord l’émoi. Puis commence l’enquête, et avec elle l’espoir, mais aussi la désillusion : Silva n’est peut-être pas la jeune fille saine que s’imaginent ses parents… Année après année, l’attente se poursuit. Faut-il continuer à espérer ? Faut-il mener les recherches à la place de la police, prompte à enterrer le dossier ? Autant de questions qui rongent les parents et le frère de Silva, et qui minent progressivement leurs relations. Puis éclate la guerre ; enfin, vient le temps de la reconstruction du pays, qui renaît de ses cendres méconnaissable, sous le règne de l’argent et des politiciens au passé douteux. Le roman nous fait côtoyer tous les acteurs de la disparition de Silva, retraçant l’évolution de leurs sentiments pendant près de trente ans, depuis le choc initial jusqu’aux conséquences terribles de l’attente, indéfiniment étirée au fil des jours. L’auteur entrelace une analyse psychologique fine des protagonistes, placés à tour de rôle au centre d’un chapitre, et les éléments classiques d’un thriller, dont le suspense est ici avant tout psychologique, entretenu par des interrogations habilement laissées en suspens ou entretenues par des révélations qui reconstituent progressivement le tableau sombre de la disparition de Silva. A cela s’ajoute une atmosphère tragique, dans le cadre particulier de la côte dalmate dont les paysages et le climat tantôt rude, tantôt somptueux, soulignent la dureté minérale de certains caractères et la rupture brutale des destinées. On tend vers la tragédie grecque, avec des figures maternelles possessives, excessives, exigeant tout de leur fils pour tout donner en retour. En toile de fond, les transformations du pays font écho aux inquiétudes des personnages et soulignent la fragilité des liens nationaux quand l’Etat se délite. Les déchirements du village plongé dans les affres d’une enquête policière préfigurent les bouleversements de la guerre, qui emporte avec elle la Yougoslavie de Tito, et laisse derrière elle toute une génération désemparée, contrainte de s’adapter à un nouveau pays dans lequel elle ne se reconnaît pas. C’est donc bien plus qu’un roman policier que nous propose cette Eau rouge : une miniature de la société croate, à travers des personnages auxquels la guerre tient lieu de destin, pour le meilleur ou pour le pire.

    Librairie Le Livre Bleu

  • Le vieux Germain vit seul dans une ferme au coeur des Vosges. Sa fille lui impose de passer l'hiver avec Basile, lointain neveu qui vient faire sa saison de conducteur d'engin de damage dans la station voisine.
    Une jeune femme froide et distante qui conduit les engins des neiges mieux que tous ses collègues masculins, habite la ferme voisine, où ses parents élevaient une meute de chiens de traîneaux quarante ans auparavant.
    Mais bientôt, le village est isolé par une terrible tempête de neige qui, de jours en semaines puis en mois, semble ne pas vouloir s'achever. Alors l'ombre des Malamutes ressurgit dans la petite communauté coupée du monde...
    JPDL revient avec un grand roman situé dans un village de montagne au coeur d'une forêt omniprésente qui réunit tous les éléments du succès du Liseur du 6h27 : tendresse et humour, réalisme magique et incroyable inventivité, personnages hauts en couleur et machines broyeuses, jeunesse et relations intergénérationnelles, noirceur et rédemption....
    Dépeignant la nature et des gens d'aujourd'hui dans une maîtrise narrative impeccable, Malamute est un conte moderne plein de mystère et de poésie qui enchante au moins autant que le Liseur du 6h27.

    Malamute

    Un récit ancré au cœur des Vosges, avec une neige omniprésente, qui plante un décor à la fois envoûtant et inquiétant. Une histoire bien racontée, avec 30 ans de distance, entre l’arrivée de Pavlina et de son mari, étrangers rejetés par ce petit village et le dénouement, quand Germain, le vieux bûcheron, se souvient et regrette son acte, face à celle qui réveille le passé. Une écriture simple mais efficace, un livre qui se dévore d’une traite car les séquences s’enchainent les unes après les autres, sans aucun temps mort. Des vies gâchées, un village qui semble presque maudit pour avoir manqué d’ouverture et d’empathie, et surtout le personnage de Germain, pour lequel on ne peut pas manquer d’avoir une certaine sympathie, malgré ce qu’il a fait. Une seule petite réserve : le happy end entre les deux amoureux.

    Librairie Le Livre Bleu

  • au nord du monde

    Marcel Théroux

    • Zulma
    • 1 Avril 2021

    Roman d'aventures ou dystopie, voici LE western du Grand Nord. Un roman déjà culte.
    Steppes et taïga en lieu et place des plaines du Far West. Une ville fantôme balayée par les vents, dernier vestige de la vie de ces pionniers de Sibérie avant qu'un cataclysme emporte tout. Ou presque.
    Le temps s'est arrêté pour Makepeace. En cavalier solitaire, sans âme qui vive sur qui veiller, elle débarrasse les armes et sauve les livres des décombres. Jusqu'à ce que Ping émerge de la taïga, trahissant une peur sans nom dans une langue inconnue, et qu'un avion les survole, en direction du nord. L'espoir chevillé au corps, Makepeace prend la route. Car on n'est jamais vraiment sûr d'être le dernier.

    Au nord du monde

    Le roman fait inévitablement penser à La Route de C Mc Carthy, mais il laisse entrevoir à la fin une lueur d’espoir ou tout au moins, une possibilité d’autre chose que la désolation.

    Librairie Le Livre Bleu

  • « Raconter Vivian Maier, c'est raconter la vie d'une invisible, d'une effacée. Une photographe de génie qui n'a pas vu la plupart de ses propres photos. » Disparue dans la solitude et l'anonymat, Vivian Maier, Américaine d'origine française, a arpenté inlassablement les rues de New York et de Chicago pour photographier, avec une profonde sensibilité, les plus démunis, les marginaux, ceux qui, comme elle, ont été oubliés par le rêve américain.
    Dix ans après sa mort, Gaëlle Josse nous livre le roman d'une vie, un portrait d'une rare empathie, d'une rare acuité sur ce destin troublant, hors norme, dont la gloire est désormais aussi éclatante que sa vie fut obscure.

    Une femme en contre jour

    Dix ans après sa mort dans une solitude presque totale, Le portrait de Vivian Maier apparaît dans la lumière. Gaëlle Josse sait présenter de façon à la fois humble et forte ce que l'on connaît de cette photographe extraordinaire car hors norme dans l'époque où elle vit : une femme entre La France et les Etats-Unis, à l'enfance désastreuse, une nounou qui n'a eu ni enfants, ni vie familiale, qui finit dans la misère mais qui a su utiliser ses maigres moyens pour une sorte de tour du monde, quand les femmes seules ne voyageaient pas, et bien sûr une photographe qui avec talent, entasse des séries de portraits consacrés aux petites gens, totalement inconnue de son vivant. L'auteure la décrit avec un ton très juste car elle n'hésite pas à évoquer également ses zones d'ombre ou à préciser qu'elle en sait peu sur cette vie cabossée : pour combler les vides elle est allée jusqu'à entrer en résonance avec Vivian .

    Librairie Le Livre Bleu

  • Résumé :
    Marie, 18 ans, vient de perdre sa mère journaliste dans un accident de la route. En triant ses affaires, elle comprend qu'Irène s'intéressait aux conditions de fabrication d'un smartphone dernière génération et à un mystérieux individu lié à cette entreprise. Et si la mort de sa mère n'était pas accidentelle ?
    Avec l'aide de Léo, un jeune hackeur, et de sa marraine, reporter italienne, Marie reprend l'enquête et remonte la piste d'un trafic de minerais rares en Afrique. Elle apprend que son père a été assassiné avant sa naissance en Sierra Leone. Marie veut révéler au grand jour ce trafic et le nom des meurtriers de ses parents. Mais les voix de deux adolescents et d'une journaliste peuvent-elles faire le poids contre une entreprise internationale ?

    Le premier volet des aventures du Collectif Blackbone qui porte sur les « minerais du sang » en Afrique.
    Roman ado dès 15 ans.

    Black Bone

    Un suspense efficace, des auteurs qui n’oublient pas de poser des questions gênantes sur la fascination de nos sociétés pour ces nouvelles technologies, sur la volonté d’oublier à quels coûts humains ils sont produits. Un premier tome dont la fin échappe au happy end, souvent de mise dans ce genre d’ouvrage, sans pour autant être trop sombre.   Roman ado dès 15 ans -Enquête Afrique

    Librairie Le Livre Bleu

  • entre fauves

    Colin Niel

    Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des ours. Mais depuis des mois, on n'a plus la moindre trace de Cannellito, le dernier plantigrade avec un peu de sang pyrénéen. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l'animal. Alors, lorsqu'il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d'un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l'opinion publique. Même si d'elle, il ne connaît qu'un pseudonyme sur les réseaux sociaux : Leg Holas.

    Une aventure à dévorer de toute urgence

    Un livre qui pose de nombreuses questions : la place de l’écologie et surtout la défense des animaux, le poids des réseaux sociaux. L’auteur parvient à montrer des personnages ambivalents. Le titre est particulièrement bien choisi, de même que la couverture : la tête du lion est magnifique.

    Librairie Le Livre Bleu - Versailles

  • le train des enfants

    Viola Ardone

    Naples, 1946. Amerigo quitte son quartier pour monter dans un train. Avec des milliers d'autres enfants du Sud, il traversera toute la péninsule et passera quelques mois dans une famille du Nord : une initiative du parti communiste vouée à arracher les plus jeunes à la misère après le dernier conflit mondial.
    Loin de ses repères, de sa mère Antonietta et des ruelles de Naples, Amerigo découvre une autre vie. Déchiré entre l'amour maternel et sa famille d'adoption, quel chemin choisira-t-il ?
    S'inspirant de faits historiques, Viola Ardone raconte l'histoire poignante d'un amour manquée entre un fils et sa mère. Immense succès en Italie et en cours de traduction dans 29 pays, ce roman remarquable révèle une auteure d'exception.

    Le train des enfants

    Envoyer des centaines d’enfants pauvres du sud de l’Italie passer l’hiver dans des familles du nord ; créer ainsi des liens d’amitié et de solidarité pour limiter les ravages de la misère. C’est le programme imaginé par certains communistes de l’Italie d’après-guerre. Amerigo est l’un de ces enfants : d’abord content de partir, car on va lui donner enfin des chaussures neuves, il l’est moins au moment de quitter sa mère et la ruelle animée de Naples dans laquelle il a grandi. L’arrivée à Modène lui fait découvrir la chaleur d’un foyer bienveillant et l’insouciance d’une vie où tous les repas sont assurés. Surtout, le regard nouveau que les adultes portent sur lui révèle des qualités qu’Amerigo ne soupçonnait pas, et lui permet d’affirmer son goût pour la musique, jusque-là presque inavoué. Après une telle parenthèse, comment retrouver une vie aux abois, où il faut coûte que coûte trouver un moyen de gagner de quoi subsister, sans avoir le temps de se poser la question de choisir son avenir ? Comment se satisfaire d’un quotidien dont le seul horizon est un apprentissage contraint chez le savetier du coin, qui permet à peine de survivre ? Comment retrouver une mère que la dureté des temps ont rendue incapable d’exprimer sa tendresse ? Le roman souligne toute l’ambiguïté d’une idée généreuse, qui cherche à briser le cercle vicieux de la misère, mais place chaque enfant face au conflit entre son attachement à sa famille et son aspiration à un avenir meilleur. Le choix d’une narration à hauteur d’enfant, qui fait penser à La Vie devant soi, de Romain Gary, atténue sans l’édulcorer l’intensité du déchirement vécu par le jeune héros. L’adulte prend le relais dans la dernière partie du roman : on peut alors mesurer toutes les blessures causées par un destin construit sur un dilemme intime. C’est donc un récit émouvant, et parfois poignant ; mais l’humour est souvent présent, notamment quand les gamins napolitains découvrent l’univers étrange du Nord, où tout, du climat à l’accent, des vêtements à la nourriture, est différent. Le début du récit surtout, qui nous plonge dans l’ambiance pittoresque d’un quartier populaire de Naples, offre une galerie de portraits hauts en couleurs, et nous invite à suivre Amerigo et son ami Tommasino dans leurs combines pour glaner quelques sous. Plusieurs femmes traversent ce récit : toutes ont été marquées par la guerre, qui a pu leur ouvrir des perspectives nouvelles, à travers la résistance, mais aussi en fermer, quand les combats ont fait disparaître un fiancé. Pour toutes, l’après-guerre est une période difficile, où elles peinent à trouver une place satisfaisante. A travers les femmes engagées au service de ce projet, le récit interroge aussi la capacité des idéaux communistes à promouvoir une certaine émancipation féminine. L’auteur interroge aussi l’écart entre l’après-guerre, époque de grands idéaux, et notre époque, où ces idéaux semblent avoir disparu. La fin du récit est ainsi marquée par une certaine nostalgie envers ces élans collectifs d’humanité et de solidarité.

    Librairie Le Livre Bleu

  • Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.

    A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour.

    La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.

    Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même...

    Apprentissage au coeur de la nature

    Une petite fille abandonnée à 10 ans par sa famille, d’abord sa mère et ses frère et sœurs, puis par son père, alcoolique et violent : elle se retrouve seule au cœur d’un marais de Caroline du Nord et elle devient aux yeux du village proche l’Enfant des Marais, différente et donc rejetée. Grâce à l’aide d’un adolescent, elle apprend cependant à lire et à écrire, puis, plus tard, elle s’ouvre à l’amour, avec toujours la sombre certitude d’être vouée à la solitude.

    Librairie Le Livre Bleu - Versailles

  • En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l'intention d'y rester jusqu'au lendemain. Mais tard dans la nuit, l'un d'eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l'ancien propriétaire. La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d'écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d'autres lettres arrivent du passé. L'espace d'une nuit, d'un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur. Un miracle de roman fantastique, émouvant et profondément humaniste.

    Les miracles du bazar Namiya

    3 jeunes voleurs se cachent dans un bazar désaffecté, ils vont y vivre une aventure exceptionnelle, un peu fantastique. L’ancien propriétaire de cette boutique avait l’habitude de répondre à des lettres de personnes qui demandaient des conseils sur des évènements importants de leur vie. A partir de là, commence une série d’allers et retours fascinants dans le passé proche, les années 80, puisque les jeunes se prennent au jeu et fournissent eux aussi des réponses. Outre l’écriture très fluide et juste, les tranches de vie ainsi racontées permettent de bien appréhender certains traits de la société japonaise : le respect dû aux parents, la difficulté pour les filles de trouver une place, l’évaporation des personnes quand elles ne peuvent plus assumer leurs dettes, le rôle des foyers pour enfants ; sans oublier le contexte, d’un Japon en pleine ascension économique à l’éclatement de la bulle spéculative et aux problèmes actuels. Comme dans d’autres romans japonais, ceux d’A Shimazaki par exemple, l’imbrication entre les personnages est très réussie, particulièrement dans la chute du livre. Un régal de lecture, qui peut aussi séduire par d’autres aspects, ainsi le fait de remonter le temps.

    Librairie Le Livre Bleu - Versailles

  • Prix Goncourt des lycéens 2020.
    Finaliste du Prix Goncourt 2020.
    Prix Orange du livre en Afrique 2019.
    Prix de la meilleure auteure africaine 2019.

    Trois femmes, trois histoires, trois destins liés.

    Ce roman polyphonique retrace le destin de la jeune Ramla, arrachée a` son amour pour être mariée a` l'époux de Safira, tandis que Hindou, sa soeur, est contrainte d'épouser son cousin. Patience !

    C'est le seul et unique conseil qui leur est donne´ par leur entourage, puisqu'il est impensable d'aller contre la volonté d'Allah. Comme le dit le proverbe peul : « Au bout de la patience, il y a le ciel. » Mais le ciel peut devenir un enfer. Comment ces trois femmes impatientes parviendront-elles a` se libérer ?

    Mariage force´, viol conjugal, consensus et polygamie : ce roman de Djai¨li Amadou Amal brise les tabous en dénonçant la condition féminine au Sahel et nous livre un roman bouleversant sur la question universelle des violences faites aux femmes.

    Née en 1975 dans l'extrême nord du Cameroun, Djai¨li Amadou Amal est peule et musulmane. Mariée a` 17 ans, elle a connu tout ce qui fait la difficulté de la vie des femmes au Sahel. C'est une conteuse hors pair.


    « Un roman bouleversant racontant le destin de deux femmes du nord du Cameroun, peules musulmanes, à qui on n'assigne qu'une seule place : épouse soumise au mari désigné dès l'entrée dans la puberté. Amal sait pourtant que l'espoir, même infime, existe. Et cet espoir a un nom : éducation. » Source : PARIS MATCH.

    « Djaïli Amadou Amal est une conteuse qui, tout en laissant se poser la voix de ses personnages, fait tout autant entendre la sienne, en murmure subtil. » Source : LE POINT.

    Un roman polyphonique sur le maltraitance

    Ce roman court et facile à lire nous fait entendre trois voix, celle de trois épouses découvrant la polygamie dans le nord du Cameroun : deux jeunes filles entrant dans un foyer où les attendent une ou plusieurs autres épouses ; une première épouse forcée d’accueillir la nouvelle épouse choisie par son mari. L’auteure connaît ces réalités, pour les avoir elle-même vécues : elle choisit de donner une voix à ces femmes qu’on fait taire, et qui se taisent, soumises à une tradition patriarcale modelant les rapports humains selon le principe de la primauté donnée au groupe sur l’individu, et aux hommes sur les femmes. Ces trois femmes aspirent au bonheur : mais l’égoïsme masculin, associé à la lâcheté et au déni des hommes, les enferme dans une impasse. Maigre consolation offerte par la tradition : un éloge systématique de la patience, dont l’auteur dénonce l’hypocrisie, en révélant ses conséquences dévastatrices. Ce roman, est un vrai choc, non par son style, tout en retenue et en pudeur, mais par les attitudes et les propos décrits. Ce récit plein d’empathie pour les femmes du Nord-Cameroun est un plaidoyer pour l’éducation, clé de l’émancipation féminine, fût-ce au prix d’une rébellion condamnant à la solitude. C’est aussi un cri d’admiration envers ces femmes qui endurent un quotidien sans perspective, à force de courage et de résignation. L’auteure leur rend justice, expliquant la dureté et les mesquineries par un conditionnement collectif et une préoccupation constante de sécurité. Djaïli Amadou Amal signe une critique sans appel de l’immobilisme, de la soumission et de l’enfermement des femmes au nom de la tradition. Son livre dessine trois belles figures de femmes face à leur destin. Les lycéens lui on décerné leur prix Goncourt : ils ne se sont pas trompés.  

    Librairie Le Livre Bleu - Versailles

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