Coups de coeur

  • À dix-sept ans, Jacqueline Fleury-Marié s'engage contre l'occupant nazi dans les réseaux Défense de la France puis Mithridate, comme ses parents et son frère. Distribution de journaux et de tracts, transport de messages, recherche de caches... elle effectue de nombreuses missions de liaison et de renseignement - jusqu'à recopier une partie des plans du mur de l'Atlantique. Elle est arrêtée et emprisonnée à Fresnes, torturée par la Gestapo, parquée dans un train de déportation, connaît l'horreur de Ravensbrück, puis l'enfer des marches de la mort... Dont elle revient, brisée mais vivante.
    Sur les 1 038 résistants élevés Compagnons de la Libération par le général de Gaulle, seulement six sont des femmes - un chiffre qui est loin de représenter leur réelle part à cette lutte clandestine. À quatre-vingt-quinze ans, Jacqueline Fleury-Marié livre un témoignage exceptionnel et rend hommage à toutes ses compagnes, héroïnes souvent inconnues, qui se sont sacrifiées pour leur patrie, pour la liberté et dont les visages continuent de la hanter.
    Pour que l'Histoire ne les efface pas. Et que les valeurs qui ont porté leur combat éclairent notre époque.

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    Résiter à l'indifférence et la solitude: un combat d'hier et d'aujourd'hui

    À 17 ans elle a tous les courages. Elle traverse Versailles la nuit tombée, sa sacoche bourrée de tracts et de journaux clandestins. Avec ses camarades elle recopie les plans du mur de l'Atlantique dans l'arrière cuisine d'un restaurant place du marché. Il y a de nombreuses casernes à Versailles et les allemands sont partout. Mais elle risque sa vie pour la liberté, La défense des plus faibles, comme une évidence, elle est résistante. Elle a appris à ne plus pleurer mais les cauchemars hantent toujours ses nuits. La torture, La gestapo, les cris. Et puis quand elle regarde un enfant, elle se souvient des yeux des enfants de Ravensbrück . Aujourd'hui à la sortie du livre, elle a 95 ans , c'est une femme discrète, souriante, à la voix douce, une femme de culture. Elle nous raconte son histoire et celle de ses sœurs de combat. Simplement elle nous dit, ne nous oubliez pas et faites que ce combat, cette solidarité, dans notre monde aujourd'hui de solitude, d'indifférence, n'est pas été vain. Elle est résistante.

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  • L'odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.
    1915, non loin d'Erzeroum, en Arménie turque. Araxie, dix ans, et sa petite soeur Haïganouch, six ans, échappent par miracle au massacre des Arméniens par les Turcs. Déportées vers le grand désert de Deir-ez-Zor et condamnées à une mort inéluctable, les deux fillettes sont épargnées grâce à un médecin qui les achète comme esclaves, les privant de leur liberté mais leur laissant la vie sauve.
    Jusqu'à ce que l'Histoire, à nouveau, les précipite dans la tourmente. Séparées, propulsées chacune à un bout du monde, Araxie et Haïganouch survivront-elles aux guerres et aux trahisons de ce siècle cruel ? Trouveront-elles enfin la paix et un refuge, aussi fragile soit-il ?
    C'est autour de l'enfance romancée de sa propre grand-mère que Ian Manook, de son vrai nom Patrick Manoukian, a construit cette inoubliable saga historique et familiale. Un roman plein d'humanité où souffle le vent furieux de l'Histoire, une galerie de personnages avides de survivre à la folie des hommes, et le portrait poignant des enfants de la diaspora arménienne.

    L’odyssée tragique et sublime de deux petites filles rescapées du génocide arménien.

    1915 : Erzeroum, Arménie, deux jeunes sœurs se trouvent plongées dans le génocide qui débute : la première scène est saisissante, encore plus quand on sait que l’auteur utilise en fait en partie les souvenirs de sa grand-mère. Témoins des massacres, elles parviennent à survivre, achetées d’abord comme esclaves par une famille turque. Puis elles vont être séparées : l’une, la plus grande, finit par émigrer en France après un certain temps et s’inscrit dans la diaspora arménienne. L’autre est emportée dans la révolution bolchevique, puis la terreur stalinienne. Une épopée familiale dont le récit s’arrête en 1939 ; on a vraiment le sentiment qu’il ne peut s’agir que du premier volet de cette saga, qui sait aussi mettre en valeur le contexte historique, politique, dans lequel les grandes puissances n’ont pas vraiment le beau rôle.

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  • Saint-Nazaire, ses chantiers navals, une forêt de silos et de grues, les marais et l'océan à perte de vue, un pont entre deux rives. Pour Franck Rivière, 21 ans, jeune espoir du football local, des rêves plein la tête, c'est aussi la fin du voyage : une chute de 68 mètres et son corps glacé repêché au petit matin.
    Tandis que le capitaine Marc Ferré doute de ce suicide, Julia, la soeur de Franck, brillante avocate « montée » à Paris, se heurte aux vérités d'une ville qui cache mal sa misère, ses magouilles et son pouvoir secret : que le bizness paie peut-être plus que le ballon rond, que Saint-Nazaire ne l'a jamais quittée, et qu'on n'enterre pas aussi facilement un amour d'adolescence.
    Roman d'atmosphère, peinture sociale saisissante d'une région déchirée, Sur l'autre rive est un récit aussi noir que sensible où se déploient la puissance romanesque et le style percutant d'Emmanuel Grand, l'auteur de Terminus Belz et des Salauds devront payer.

    Policier bien ficelé sur trame provinciale

    Franck, jeune footballeur de 21 ans, se suicide du pont de Saint-Nazaire. Julia, sa sœur qui vit à Paris et n’a plus aucun contact avec ses parents (un père alcoolique, une mère sans volonté) revient pour l’enterrement de ce frère presque oublié. Elle y retrouve le policier chargé de l’enquête, Marc, un de ses petits amis du lycée et ensemble, ils vont comprendre peu à peu que c’est en fait un meurtre. Au delà de cette trame policière, déjà très bien menée avec une grande vivacité, l’auteur aborde également, par touches feutrées, les trafics d’une ville de province, les rancoeurs familiales, la distance en fait infranchissable entre enfants de bourgeois et d’ouvriers, sans jamais tomber dans le cliché, les mauvais choix qui débouchent sur la mort, la difficulté pour les parents de prendre la meilleure décision pour leurs enfants. Une multitude de directions pour cette histoire qu’on lit d’une traite.

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  • Komodo

    David Vann

    Sur l'invitation de son frère aîné Roy, Tracy quitte la Californie et rejoint l'île de Komodo, en Indonésie. Pour elle, délaissée par son mari et épuisée par leurs jeunes jumeaux, ce voyage exotique laisse espérer des vacances paradisiaques : une semaine de plongée en compagnie de requins et de raies manta. C'est aussi l'occasion de renouer avec Roy, qui mène une vie chaotique depuis son divorce et s'est éloigné de sa famille. Mais, très vite, la tension monte et Tracy perd pied, submergée par une vague de souvenirs, de rancoeurs et de reproches. Dès lors, un duel s'engage entre eux, et chaque nouvelle immersion dans un monde sous-marin fascinant entraîne une descente de plus en plus violente à l'intérieur d'elle-même, jusqu'à atteindre un point de non-retour.

    Komodo

    L’île indonésienne est le cadre des retrouvailles familiales entre Tracy, sa mère et son frère, qu’elles sont venues rejoindre pour un séjour de plongée. Mais ce qui pourrait être une semaine joyeuse et centrée sur la découverte des fonds marins est en fait un huis clos presque en apnée parfois et plein de violence entre le frère et la sœur, avec la mère censée être l’arbitre, mais penchant en faveur de son fils. Tracy est mère de jumeaux, elle ne travaille plus, elle ne supporte plus les contraintes de la maternité, alors que son mari ne l’aide pas du tout. Elle arrive donc sur l’île emplie de colère, avec une violence qui affleure en permanence jusqu’à la menace de la catastrophe, face à un frère à qui elle reproche son insouciance et sa liberté.

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  • Pour que Jim, chauffeur Uber de soixante ans, voie la vie du bon côté, que faudrait-il? Une petite cure d'antidépresseurs? Non, c'est plus grave, docteur. De l'argent? Jim en a suffisamment. Au fond, ce qu'il veut, c'est qu'on lui fiche la paix dans ce monde déglingué. Et avoir affaire le moins possible a` son prochain, voire pas du tout. Alors, quand sa nouvelle voisine, flanquée d'un mari militaire et d'un fils de quatre ans, lui adresse la parole, un grain de sable se glisse dans les rouages bien huilés de sa vie solitaire et monotone. De quoi faire exploser son quota de relations sociales...
    En entremêlant les destins de ses personnages dans un roman plein de surprises, Levison donne le meilleur de lui-même, et nous livre sa vision du monde, drôle et désabusée.

    Un voisin trop discret

    L’histoire d’un personnage à première vue bien tranquille, Jim, qui cherche à éviter les contacts avec ses voisins, mais qui va accepter de venir en aide à sa voisine, Corina, femme d’un militaire engagé en Afghanistan. Celui-ci a croisé en mission l’autre couple du récit qui s’est créé comme paravent à l’homosexualité du mari, Kyle. A partir de cette situation, qui semble assez ordinaire, l’auteur sait mêler les destins, les entrecroiser et surtout montrer que les personnages ne sont pas ce qu’ils paraissent être. Le plus fouillé est Jim, qui n’est en rien un chauffeur Uber misanthrope. Rien n’est laissé au hasard, jusqu’à la fin qui permet de voir la frontière ténue entre mensonge et honnêteté. Donc, le destin de gens ordinaires mis en scène de façon très convaincante, et en même temps, Levinson égratigne au passage l’armée américaine qui ne supporte pas l’homosexualité dans ses rangs, qui ne se préoccupe pas de l’état psychologique de ses soldats revenant du théâtre des opérations, sauf pour leur faire un enterrement patriotique. Le tout porté par une écriture remarquable.

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  • Sur l'ïle de Vancouver, se dresse un hôtel aux murs de verre, seulement accessible par la mer. Il est fréquenté par une clientèle exclusive qui veut rompre avec "la civilisation connectée". Là, pas de wifi, pas de portable, on est au bout du monde.  Paul, aspirant compositeur, et sa soeur Vincent, vidéaste amateure, travaillent tous à l'hôtel Caiette. Un soir, alors qu'on attend l'arrivée du milliardaire new-yorkais Jonathan Alkaitis, le gérant découvre avec horreur un tag gravé sur l'une des parois transparentes: "Et si vous avaliez du verre brisé?" Qui est l'auteur de ce graffiti menaçant? Est-il destiné à quelqu'un?  Dans ce havre de luxe, des gens se croisent, des destins se font et se défont. A l'hôtel Caiette, mais aussi à Vancouver et à New York, des vies vont prendre un tour imprévu et souvent dramatique. Comme un papillon au Brésil peut causer une tempête au Texas, un verre au bar de l'hôtel Caiette peut ruiner une existence... 

    L'Hotel de Verre

    Une femme basculant dans l’océan ; un étudiant indécis errant dans la nuit, dix ans plus tôt ; un graffiti d’une ironie menaçante sur la vitre d’un hôtel luxueux au bord de l’eau, quinze ans plus tard… Autant d’éclats de récit qui composent progressivement une histoire autour du charismatique milliardaire Jonathan Alkaitis aux investissements trop rentables pour être honnêtes, et de sa jeune compagne Vincent au prénom étrange. Ce roman nous invite à nous perdre dans un puzzle intriguant, donnant au lecteur l’impression d’être prisonnier d’un labyrinthe aux multiples détours, ceux de la vie des différents personnages. Ces vies se dévoilent l’une après l’autre sans transition, et d’abord sans logique apparente. Puis un fil se tisse, d’abord ténu, parfois interrompu, puis plus net quand les liens entre les différents personnages se nouent au cœur du piège financier imaginé par Alkaitis, pyramide de verre dont la transparence trompeuse dissimulerait une vitre sans tain. Et ce fil nous guide vers la catastrophe. Car le cœur de ce montage financier est vide, et aspire les personnages dans son vertige. Vertige de quêtes sans fin. Vertige d’existences suspendues au bord du gouffre. Vertige de vies dérisoires, qu’un rien peut faire basculer en un instant. Vertige des rêves que poursuivent les personnages – réussite, argent, bonheur. Autour d’une escroquerie à la Madoff, c’est une sorte de kaléidoscope que nous offre l’auteure - un kaléidoscope fêlé, désenchanté. Le rêve est évanescent et insaisissable ; le bonheur est éphémère et teinté de culpabilité. Et les personnages sont entraînés par la vie comme par les eaux de cet océan qui baignent le début et la fin du roman.

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  • L'eau rouge

    Jurica Pavicic

    • Agullo
    • 11 Mars 2021

    Dans un bourg de la côte dalmate, en Croatie, Silva, une jeune fille de 17 ans, disparaît à l'occasion de la fête des pêcheurs. Nous sommes un samedi de septembre 1989, dans la Yougoslavie agonisante. L'enquête policière menée par l'inspecteur Gorki Šain fait émerger un portrait de Silva plus complexe que ne le croyait sa famille : celui d'une lycéenne scolarisée à Split, la capitale dalmate, touchant à la drogue et revendant de l'héroïne pour le compte d'un dealer nommé Cvitko. Et puis il y a ce témoin de dernière minute, qui prétend avoir vu Silva, le lendemain matin de sa disparition, prenant un billet de car pour l'étranger... Mais l'Histoire est en marche, le régime de Tito s'effondre, et le nouveau pouvoir lance une chasse aux sorcières qui n'épargne pas les forces de l'ordre : l'inspecteur Gorki Šain est poussé à la démission et l'affaire, classée. Seule la famille de Silva poursuit obstinément les recherches...
    À travers ce drame intime, L'Eau rouge déploie dans une grande fresque les bouleversements de la société croate : chute du communisme, guerre de 1991 à 1995, effondrement de l'économie et de l'industrie, statut des vétérans de guerre, explosion de l'industrie touristique et spéculation foncière, investissements étrangers et corruption... Ou comment les traumatismes de l'Histoire forgent les destins individuels.

    L'eau Rouge

    Croatie, 1989. Silva, 17 ans, disparaît. Dans la petite ville de pêcheurs où elle a grandi, c’est d’abord l’émoi. Puis commence l’enquête, et avec elle l’espoir, mais aussi la désillusion : Silva n’est peut-être pas la jeune fille saine que s’imaginent ses parents… Année après année, l’attente se poursuit. Faut-il continuer à espérer ? Faut-il mener les recherches à la place de la police, prompte à enterrer le dossier ? Autant de questions qui rongent les parents et le frère de Silva, et qui minent progressivement leurs relations. Puis éclate la guerre ; enfin, vient le temps de la reconstruction du pays, qui renaît de ses cendres méconnaissable, sous le règne de l’argent et des politiciens au passé douteux. Le roman nous fait côtoyer tous les acteurs de la disparition de Silva, retraçant l’évolution de leurs sentiments pendant près de trente ans, depuis le choc initial jusqu’aux conséquences terribles de l’attente, indéfiniment étirée au fil des jours. L’auteur entrelace une analyse psychologique fine des protagonistes, placés à tour de rôle au centre d’un chapitre, et les éléments classiques d’un thriller, dont le suspense est ici avant tout psychologique, entretenu par des interrogations habilement laissées en suspens ou entretenues par des révélations qui reconstituent progressivement le tableau sombre de la disparition de Silva. A cela s’ajoute une atmosphère tragique, dans le cadre particulier de la côte dalmate dont les paysages et le climat tantôt rude, tantôt somptueux, soulignent la dureté minérale de certains caractères et la rupture brutale des destinées. On tend vers la tragédie grecque, avec des figures maternelles possessives, excessives, exigeant tout de leur fils pour tout donner en retour. En toile de fond, les transformations du pays font écho aux inquiétudes des personnages et soulignent la fragilité des liens nationaux quand l’Etat se délite. Les déchirements du village plongé dans les affres d’une enquête policière préfigurent les bouleversements de la guerre, qui emporte avec elle la Yougoslavie de Tito, et laisse derrière elle toute une génération désemparée, contrainte de s’adapter à un nouveau pays dans lequel elle ne se reconnaît pas. C’est donc bien plus qu’un roman policier que nous propose cette Eau rouge : une miniature de la société croate, à travers des personnages auxquels la guerre tient lieu de destin, pour le meilleur ou pour le pire.

    Librairie Le Livre Bleu

  • Le vieux Germain vit seul dans une ferme au coeur des Vosges. Sa fille lui impose de passer l'hiver avec Basile, lointain neveu qui vient faire sa saison de conducteur d'engin de damage dans la station voisine.
    Une jeune femme froide et distante qui conduit les engins des neiges mieux que tous ses collègues masculins, habite la ferme voisine, où ses parents élevaient une meute de chiens de traîneaux quarante ans auparavant.
    Mais bientôt, le village est isolé par une terrible tempête de neige qui, de jours en semaines puis en mois, semble ne pas vouloir s'achever. Alors l'ombre des Malamutes ressurgit dans la petite communauté coupée du monde...
    JPDL revient avec un grand roman situé dans un village de montagne au coeur d'une forêt omniprésente qui réunit tous les éléments du succès du Liseur du 6h27 : tendresse et humour, réalisme magique et incroyable inventivité, personnages hauts en couleur et machines broyeuses, jeunesse et relations intergénérationnelles, noirceur et rédemption....
    Dépeignant la nature et des gens d'aujourd'hui dans une maîtrise narrative impeccable, Malamute est un conte moderne plein de mystère et de poésie qui enchante au moins autant que le Liseur du 6h27.

    Malamute

    Un récit ancré au cœur des Vosges, avec une neige omniprésente, qui plante un décor à la fois envoûtant et inquiétant. Une histoire bien racontée, avec 30 ans de distance, entre l’arrivée de Pavlina et de son mari, étrangers rejetés par ce petit village et le dénouement, quand Germain, le vieux bûcheron, se souvient et regrette son acte, face à celle qui réveille le passé. Une écriture simple mais efficace, un livre qui se dévore d’une traite car les séquences s’enchainent les unes après les autres, sans aucun temps mort. Des vies gâchées, un village qui semble presque maudit pour avoir manqué d’ouverture et d’empathie, et surtout le personnage de Germain, pour lequel on ne peut pas manquer d’avoir une certaine sympathie, malgré ce qu’il a fait. Une seule petite réserve : le happy end entre les deux amoureux.

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  • Au nord du monde

    Marcel Théroux

    • Zulma
    • 1 Avril 2021

    Roman d'aventures ou dystopie, voici LE western du Grand Nord. Un roman déjà culte.
    Steppes et taïga en lieu et place des plaines du Far West. Une ville fantôme balayée par les vents, dernier vestige de la vie de ces pionniers de Sibérie avant qu'un cataclysme emporte tout. Ou presque.
    Le temps s'est arrêté pour Makepeace. En cavalier solitaire, sans âme qui vive sur qui veiller, elle débarrasse les armes et sauve les livres des décombres. Jusqu'à ce que Ping émerge de la taïga, trahissant une peur sans nom dans une langue inconnue, et qu'un avion les survole, en direction du nord. L'espoir chevillé au corps, Makepeace prend la route. Car on n'est jamais vraiment sûr d'être le dernier.

    Au nord du monde

    Le roman fait inévitablement penser à La Route de C Mc Carthy, mais il laisse entrevoir à la fin une lueur d’espoir ou tout au moins, une possibilité d’autre chose que la désolation.

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  • « Raconter Vivian Maier, c'est raconter la vie d'une invisible, d'une effacée. Une photographe de génie qui n'a pas vu la plupart de ses propres photos. » Disparue dans la solitude et l'anonymat, Vivian Maier, Américaine d'origine française, a arpenté inlassablement les rues de New York et de Chicago pour photographier, avec une profonde sensibilité, les plus démunis, les marginaux, ceux qui, comme elle, ont été oubliés par le rêve américain.
    Dix ans après sa mort, Gaëlle Josse nous livre le roman d'une vie, un portrait d'une rare empathie, d'une rare acuité sur ce destin troublant, hors norme, dont la gloire est désormais aussi éclatante que sa vie fut obscure.

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    Une femme en contre jour

    Dix ans après sa mort dans une solitude presque totale, Le portrait de Vivian Maier apparaît dans la lumière. Gaëlle Josse sait présenter de façon à la fois humble et forte ce que l'on connaît de cette photographe extraordinaire car hors norme dans l'époque où elle vit : une femme entre La France et les Etats-Unis, à l'enfance désastreuse, une nounou qui n'a eu ni enfants, ni vie familiale, qui finit dans la misère mais qui a su utiliser ses maigres moyens pour une sorte de tour du monde, quand les femmes seules ne voyageaient pas, et bien sûr une photographe qui avec talent, entasse des séries de portraits consacrés aux petites gens, totalement inconnue de son vivant. L'auteure la décrit avec un ton très juste car elle n'hésite pas à évoquer également ses zones d'ombre ou à préciser qu'elle en sait peu sur cette vie cabossée : pour combler les vides elle est allée jusqu'à entrer en résonance avec Vivian .

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  • Résumé :
    Marie, 18 ans, vient de perdre sa mère journaliste dans un accident de la route. En triant ses affaires, elle comprend qu'Irène s'intéressait aux conditions de fabrication d'un smartphone dernière génération et à un mystérieux individu lié à cette entreprise. Et si la mort de sa mère n'était pas accidentelle ?
    Avec l'aide de Léo, un jeune hackeur, et de sa marraine, reporter italienne, Marie reprend l'enquête et remonte la piste d'un trafic de minerais rares en Afrique. Elle apprend que son père a été assassiné avant sa naissance en Sierra Leone. Marie veut révéler au grand jour ce trafic et le nom des meurtriers de ses parents. Mais les voix de deux adolescents et d'une journaliste peuvent-elles faire le poids contre une entreprise internationale ?

    Le premier volet des aventures du Collectif Blackbone qui porte sur les « minerais du sang » en Afrique.
    Roman ado dès 15 ans.

    Black Bone

    Un suspense efficace, des auteurs qui n’oublient pas de poser des questions gênantes sur la fascination de nos sociétés pour ces nouvelles technologies, sur la volonté d’oublier à quels coûts humains ils sont produits. Un premier tome dont la fin échappe au happy end, souvent de mise dans ce genre d’ouvrage, sans pour autant être trop sombre.   Roman ado dès 15 ans -Enquête Afrique

    Librairie Le Livre Bleu

  • Entre fauves

    Colin Niel

    Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des ours. Mais depuis des mois, on n'a plus la moindre trace de Cannellito, le dernier plantigrade avec un peu de sang pyrénéen. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l'animal. Alors, lorsqu'il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d'un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l'opinion publique. Même si d'elle, il ne connaît qu'un pseudonyme sur les réseaux sociaux : Leg Holas.

    Une aventure à dévorer de toute urgence

    Un livre qui pose de nombreuses questions : la place de l’écologie et surtout la défense des animaux, le poids des réseaux sociaux. L’auteur parvient à montrer des personnages ambivalents. Le titre est particulièrement bien choisi, de même que la couverture : la tête du lion est magnifique.

    Librairie Le Livre Bleu - Versailles

  • Le train des enfants

    Viola Ardone

    Naples, 1946. Amerigo quitte son quartier pour monter dans un train. Avec des milliers d'autres enfants du Sud, il traversera toute la péninsule et passera quelques mois dans une famille du Nord : une initiative du parti communiste vouée à arracher les plus jeunes à la misère après le dernier conflit mondial.
    Loin de ses repères, de sa mère Antonietta et des ruelles de Naples, Amerigo découvre une autre vie. Déchiré entre l'amour maternel et sa famille d'adoption, quel chemin choisira-t-il ?
    S'inspirant de faits historiques, Viola Ardone raconte l'histoire poignante d'un amour manquée entre un fils et sa mère. Immense succès en Italie et en cours de traduction dans 29 pays, ce roman remarquable révèle une auteure d'exception.

    Le train des enfants

    Envoyer des centaines d’enfants pauvres du sud de l’Italie passer l’hiver dans des familles du nord ; créer ainsi des liens d’amitié et de solidarité pour limiter les ravages de la misère. C’est le programme imaginé par certains communistes de l’Italie d’après-guerre. Amerigo est l’un de ces enfants : d’abord content de partir, car on va lui donner enfin des chaussures neuves, il l’est moins au moment de quitter sa mère et la ruelle animée de Naples dans laquelle il a grandi. L’arrivée à Modène lui fait découvrir la chaleur d’un foyer bienveillant et l’insouciance d’une vie où tous les repas sont assurés. Surtout, le regard nouveau que les adultes portent sur lui révèle des qualités qu’Amerigo ne soupçonnait pas, et lui permet d’affirmer son goût pour la musique, jusque-là presque inavoué. Après une telle parenthèse, comment retrouver une vie aux abois, où il faut coûte que coûte trouver un moyen de gagner de quoi subsister, sans avoir le temps de se poser la question de choisir son avenir ? Comment se satisfaire d’un quotidien dont le seul horizon est un apprentissage contraint chez le savetier du coin, qui permet à peine de survivre ? Comment retrouver une mère que la dureté des temps ont rendue incapable d’exprimer sa tendresse ? Le roman souligne toute l’ambiguïté d’une idée généreuse, qui cherche à briser le cercle vicieux de la misère, mais place chaque enfant face au conflit entre son attachement à sa famille et son aspiration à un avenir meilleur. Le choix d’une narration à hauteur d’enfant, qui fait penser à La Vie devant soi, de Romain Gary, atténue sans l’édulcorer l’intensité du déchirement vécu par le jeune héros. L’adulte prend le relais dans la dernière partie du roman : on peut alors mesurer toutes les blessures causées par un destin construit sur un dilemme intime. C’est donc un récit émouvant, et parfois poignant ; mais l’humour est souvent présent, notamment quand les gamins napolitains découvrent l’univers étrange du Nord, où tout, du climat à l’accent, des vêtements à la nourriture, est différent. Le début du récit surtout, qui nous plonge dans l’ambiance pittoresque d’un quartier populaire de Naples, offre une galerie de portraits hauts en couleurs, et nous invite à suivre Amerigo et son ami Tommasino dans leurs combines pour glaner quelques sous. Plusieurs femmes traversent ce récit : toutes ont été marquées par la guerre, qui a pu leur ouvrir des perspectives nouvelles, à travers la résistance, mais aussi en fermer, quand les combats ont fait disparaître un fiancé. Pour toutes, l’après-guerre est une période difficile, où elles peinent à trouver une place satisfaisante. A travers les femmes engagées au service de ce projet, le récit interroge aussi la capacité des idéaux communistes à promouvoir une certaine émancipation féminine. L’auteur interroge aussi l’écart entre l’après-guerre, époque de grands idéaux, et notre époque, où ces idéaux semblent avoir disparu. La fin du récit est ainsi marquée par une certaine nostalgie envers ces élans collectifs d’humanité et de solidarité.

    Librairie Le Livre Bleu

  • Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur « la Fille des marais » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n'est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent.

    A l'âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l'abandonne à son tour.

    La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie.

    Lorsque l'irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même...

    Apprentissage au coeur de la nature

    Une petite fille abandonnée à 10 ans par sa famille, d’abord sa mère et ses frère et sœurs, puis par son père, alcoolique et violent : elle se retrouve seule au cœur d’un marais de Caroline du Nord et elle devient aux yeux du village proche l’Enfant des Marais, différente et donc rejetée. Grâce à l’aide d’un adolescent, elle apprend cependant à lire et à écrire, puis, plus tard, elle s’ouvre à l’amour, avec toujours la sombre certitude d’être vouée à la solitude.

    Librairie Le Livre Bleu - Versailles

  • En 2012, après avoir commis un méfait, trois jeunes hommes se réfugient dans une vieille boutique abandonnée dans l'intention d'y rester jusqu'au lendemain. Mais tard dans la nuit, l'un d'eux découvre une lettre, écrite 32 ans plus tôt et adressée à l'ancien propriétaire. La boîte aux lettres semble étrangement connectée aux années 1980. Les trois garçons décident d'écrire une réponse à cette mystérieuse demande de conseil. Bientôt, d'autres lettres arrivent du passé. L'espace d'une nuit, d'un voyage dans le temps, les trois garçons vont changer le destin de plusieurs personnes, et peut-être aussi bouleverser le leur. Un miracle de roman fantastique, émouvant et profondément humaniste.

    Les miracles du bazar Namiya

    3 jeunes voleurs se cachent dans un bazar désaffecté, ils vont y vivre une aventure exceptionnelle, un peu fantastique. L’ancien propriétaire de cette boutique avait l’habitude de répondre à des lettres de personnes qui demandaient des conseils sur des évènements importants de leur vie. A partir de là, commence une série d’allers et retours fascinants dans le passé proche, les années 80, puisque les jeunes se prennent au jeu et fournissent eux aussi des réponses. Outre l’écriture très fluide et juste, les tranches de vie ainsi racontées permettent de bien appréhender certains traits de la société japonaise : le respect dû aux parents, la difficulté pour les filles de trouver une place, l’évaporation des personnes quand elles ne peuvent plus assumer leurs dettes, le rôle des foyers pour enfants ; sans oublier le contexte, d’un Japon en pleine ascension économique à l’éclatement de la bulle spéculative et aux problèmes actuels. Comme dans d’autres romans japonais, ceux d’A Shimazaki par exemple, l’imbrication entre les personnages est très réussie, particulièrement dans la chute du livre. Un régal de lecture, qui peut aussi séduire par d’autres aspects, ainsi le fait de remonter le temps.

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  • Prix Goncourt des lycéens 2020.
    Finaliste du Prix Goncourt 2020.
    Prix Orange du livre en Afrique 2019.
    Prix de la meilleure auteure africaine 2019.

    Trois femmes, trois histoires, trois destins liés.

    Ce roman polyphonique retrace le destin de la jeune Ramla, arrachée a` son amour pour être mariée a` l'époux de Safira, tandis que Hindou, sa soeur, est contrainte d'épouser son cousin. Patience !

    C'est le seul et unique conseil qui leur est donne´ par leur entourage, puisqu'il est impensable d'aller contre la volonté d'Allah. Comme le dit le proverbe peul : « Au bout de la patience, il y a le ciel. » Mais le ciel peut devenir un enfer. Comment ces trois femmes impatientes parviendront-elles a` se libérer ?

    Mariage force´, viol conjugal, consensus et polygamie : ce roman de Djai¨li Amadou Amal brise les tabous en dénonçant la condition féminine au Sahel et nous livre un roman bouleversant sur la question universelle des violences faites aux femmes.

    Née en 1975 dans l'extrême nord du Cameroun, Djai¨li Amadou Amal est peule et musulmane. Mariée a` 17 ans, elle a connu tout ce qui fait la difficulté de la vie des femmes au Sahel. C'est une conteuse hors pair.


    « Un roman bouleversant racontant le destin de deux femmes du nord du Cameroun, peules musulmanes, à qui on n'assigne qu'une seule place : épouse soumise au mari désigné dès l'entrée dans la puberté. Amal sait pourtant que l'espoir, même infime, existe. Et cet espoir a un nom : éducation. » Source : PARIS MATCH.

    « Djaïli Amadou Amal est une conteuse qui, tout en laissant se poser la voix de ses personnages, fait tout autant entendre la sienne, en murmure subtil. » Source : LE POINT.

    Un roman polyphonique sur le maltraitance

    Ce roman court et facile à lire nous fait entendre trois voix, celle de trois épouses découvrant la polygamie dans le nord du Cameroun : deux jeunes filles entrant dans un foyer où les attendent une ou plusieurs autres épouses ; une première épouse forcée d’accueillir la nouvelle épouse choisie par son mari. L’auteure connaît ces réalités, pour les avoir elle-même vécues : elle choisit de donner une voix à ces femmes qu’on fait taire, et qui se taisent, soumises à une tradition patriarcale modelant les rapports humains selon le principe de la primauté donnée au groupe sur l’individu, et aux hommes sur les femmes. Ces trois femmes aspirent au bonheur : mais l’égoïsme masculin, associé à la lâcheté et au déni des hommes, les enferme dans une impasse. Maigre consolation offerte par la tradition : un éloge systématique de la patience, dont l’auteur dénonce l’hypocrisie, en révélant ses conséquences dévastatrices. Ce roman, est un vrai choc, non par son style, tout en retenue et en pudeur, mais par les attitudes et les propos décrits. Ce récit plein d’empathie pour les femmes du Nord-Cameroun est un plaidoyer pour l’éducation, clé de l’émancipation féminine, fût-ce au prix d’une rébellion condamnant à la solitude. C’est aussi un cri d’admiration envers ces femmes qui endurent un quotidien sans perspective, à force de courage et de résignation. L’auteure leur rend justice, expliquant la dureté et les mesquineries par un conditionnement collectif et une préoccupation constante de sécurité. Djaïli Amadou Amal signe une critique sans appel de l’immobilisme, de la soumission et de l’enfermement des femmes au nom de la tradition. Son livre dessine trois belles figures de femmes face à leur destin. Les lycéens lui on décerné leur prix Goncourt : ils ne se sont pas trompés.  

    Librairie Le Livre Bleu - Versailles

  • À Chicago, dans les années 1980, au coeur du quartier de Boystown, Yale Tishman et sa bande d'amis - artistes, activistes, journalistes ou professeurs... - vivent la vie libre qu'ils s'étaient toujours imaginée. Lorsque l'épidémie du sida frappe leur communauté, les rapports changent, les liens se brouillent et se transforment. Peu à peu, tout s'effondre autour de Yale, et il ne lui reste plus que Fiona, la petite soeur de son meilleur ami Nico.
    Du Chicago des années 1980 au Paris d'aujourd'hui, Rebecca Makkai nous offre une épopée puissante sur le pouvoir de l'amitié face à la tragédie.

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    Les optimistes

    Un roman puissant sur les vies brisées par le sida dans la communauté gay de Chicago à partir de 1985 : des personnages rejetés par une partie de la société qui considère que la maladie est une punition divine, par un système de santé qui exclut bon nombre d’entre eux et une absence de traitement au début de la propagation. Peur et colère sont les moteurs de cette jeunesse fauchée en peine vie : à un moment, on apprend presque à chaque page la mort de l’un d’eux. Le personnage principal, Yale Tishman, va lui aussi succomber mais auparavant, il a eu une vie riche : en tant que galeriste, il a contribué à la découverte de tableaux de peintres du début du XXème, il a quitté son amant quand il l’a vu atteint par la maladie alors qu’il lui avait laissé croire qu’il se protégeait. Et surtout, il a été soutenu et aimé par Fiona, la sœur d’un de ses amis décédés. Fiona a voué sa vie à la cause gay : elle est, pour cette raison peut-être, passée à côté de sa fille Claire, qu’elle va finalement chercher à Paris en 2015 et dont elle réussira ou non à se faire aimer. Un roman bien construit, une lecture particulièrement émouvante qui a parfois presque le souffle d’une épopée et qui veut malgré tout faire croire à une forme d’espoir, pas seulement par le titre.

    Librairie Le Livre Bleu - Versailles

  • Le mangaka Minami Shinbô dit avoir emprunté le cerveau d'un chat pour écrire ces vingt-six haïkus, avec l'ambition que cette vision féline du monde provoque chez son lecteur une forte commotion affective et intellectuelle.
    Un chat nonchalant, chapardeur, libre, cultivé et plein d'humour... Certains poèmes sont des clins d'oeil à l'histoire littéraire du Japon, le romancier Sôseki ou le poète Bashô.
    Images et textes se répondent, et on referme ce livre en se laissant envahir par le désir de devenir soi-même chat...

  • Hatako tient une petite papeterie à Kamakura. Elle est aussi écrivain public, comme sa grand-mère avant elle qui lui avait enseigné cet art d'écrire pour les autres.
    Cette papeterie Tsubaki devient rapidement un lieu de rencontres où se nouent des relations inattendues.
    Elle calligraphie des cartes d'anniversaire, rédige un mot de condoléances pour le décès d'un singe, des lettres d'adieu ; d'autres clients veulent annoncer leur divorce, d'autres encore ont des exigences surprenantes auxquelles elle se plie avec bonheur.
    Grâce au talent d'Hatako et à son amour des autres, la petite papeterie devient le théâtre des réconciliations avec les autres et avec elle-même.
    Apaisée, le jeune femme pourra enfin écrire à sa grand-mère tout l'amour qu'elle n'avait jamais pu lui dire.

  • La vie est douce à Kamakura. Hatoko continue son activité d'écrivain-calligraphe, les amis et les clients se pressent dans la petite papeterie. Tendres, drôles ou tragiques, les destins se croisent sous son pinceau. Hatoko s'est mariée et découvre, en compagnie de Mitsurô et de sa fillette QP, les joies d'être mère au sein de cette famille recomposée.
    La famille est au coeur de ce second livre : le mariage, la parentalité, les liens avec la belle-famille, ou à la propre mère de Hatoko, qui fait ici son apparition, le souvenir de l'épouse défunte de Mitsurô.
    On retrouve dans ce roman toute l'alchimie des romans d'Ogawa Ito : l'amour, le partage et la cuisine - boulettes à l'armoise, curry de chinchard et miso de pétasite sont au menu de ce roman lumineux pour cultiver l'art d'être heureux.

  • Une jeune femme de vingt-cinq ans perd la voix à la suite d'un chagrin d'amour, revient malgré elle chez sa mère, figure fantasque vivant avec un cochon apprivoisé, et découvre ses dons insoupçonnés dans l'art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux des plats médités et préparés comme une prière. Rinco cueille des grenades juchée sur un arbre, visite un champ de navets enfouis sous la neige, et invente pour ses convives des plats uniques qui se préparent et se dégustent dans la lenteur en réveillant leurs émotions enfouies.
    Un livre lumineux sur le partage et le don, à savourer comme la cuisine de la jeune Rinco, dont l'épice secrète est l'amour.

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  • Notre monde touche à sa fin. Dans le sillage d'une apocalypse biologique, l'évolution des espèces s'est brutalement arrêtée, et les États-Unis sont désormais sous la coupe d'un gouvernement religieux et totalitaire qui impose aux femmes enceintes de se signaler. C'est dans ce contexte que Cedar Hawk Songmaker, une jeune Indienne adoptée à la naissance par un couple de Blancs de Minneapolis, apprend qu'elle attend un enfant. Déterminée à protéger son bébé coûte que coûte, elle se lance dans une fuite éperdue, espérant trouver un lieu sûr où se réfugier. Se sachant menacée, elle se lance dans une fuite éperdue, déterminée à protéger son bébé coûte que coûte.
    Renouvelant de manière saisissante l'univers de l'auteure de LaRose et Dans le silence du vent, le nouveau roman de Louise Erdrich nous entraîne bien au-delà de la fiction, dans un futur effrayant où les notions de liberté et de procréation sont des armes politiques. En écho à La Servante écarlate de Margaret Atwood, ce récit aux allures de fable orwellienne nous rappelle la puissance de l'imagination, clé d'interprétation d'un réel qui nous dépasse.

  • Belle Greene

    Alexandra Lapierre

    New York, dans les années 1900. Une jeune fille, que passionnent les livres rares, se joue du destin et gravit tous les échelons. Elle devient la directrice de la fabuleuse bibliothèque du magnat J.P. Morgan et la coqueluche de l'aristocratie internationale, sous le faux nom de Belle da Costa Greene. Belle Greene pour les intimes.
    En vérité, elle triche sur tout.
    Car la f lamboyante collectionneuse qui fait tourner les têtes et règne sur le monde des bibliophiles cache un terrible secret, dans une Amérique violemment raciste. Bien qu'elle paraisse blanche, elle est en réalité afro-américaine. Et, de surcroît, fille d'un célèbre activiste noir qui voit sa volonté de cacher ses origines comme une trahison.
    C'est ce drame d'un être écartelé entre son histoire et son choix d'appartenir à la société qui opprime son peuple que raconte Alexandra Lapierre. Fruit de trois années d'enquête, ce roman retrace les victoires et les déchirements d'une femme pleine de vie, aussi libre que déterminée, dont les stupéfiantes audaces font écho aux combats d'aujourd'hui.

  • 1832, Canterbury. Dans cette petite ville du Connecticut, l'institutrice Prudence Crandall s'occupe d'une école pour filles. Un jour, elle accueille dans sa classe une jeune noire, Sarah. La population blanche locale voit immédiatement cette " exception " comme une menace. Même si l'esclavage n'est plus pratiqué dans la plupart des Etats du Nord, l'Amérique blanche reste hantée par le spectre de Nat Turner : un an plus tôt, en Virginie, cet esclave noir qui savait lire et écrire a pris la tête d'une révolte sanglante.
    Pour les habitants de Canterbury, instruction rime désormais avec insurrection. Ils menacent de retirer leurs filles de l'école si la jeune Sarah reste admise.Prudence Crandall les prend au mot et l'école devient la première école pour jeunes filles noires des Etats-Unis, trente ans avant l'abolition de l'esclavage. Nassées au coeur d'une communauté ultra-hostile, quelques jeunes filles noires venues d'un peu partout pour étudier vont prendre conscience malgré elles du danger qu'elles incarnent et de la haine qu'elles suscitent dès lors qu'elles ont le culot de vouloir s'élever au-dessus de leur condition.
    La contre-attaque de la bonne société sera menée par le juge Judson, qui portera l'affaire devant les tribunaux du Connecticut. Prudence Crandall, accusée d'avoir violé la loi, sera emprisonnée...La douceur du trait et des couleurs de Stéphane Fert sert à merveille ce scénario de Wilfrid Lupano (Les Vieux Fourneaux), qui s'est inspiré de faits réels pour raconter cette histoire de solidarité et de sororité du point de vue des élèves noires.

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